HISTOIRES DE FANTÔMES

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HISTOIRES DE FANTÔMES.

Vers minuit, à la lueur de la chandelle, monsieur Henry Dickson, devant l'âtre où brûle des bûches d'érables et de vieux parchemins, se penche sur son écritoire. Tout est tranquille dans la grande maison, tout semble dormir et, soudain,
il y a ce bruit.

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25.10.13

398.94.2.. MONSIEUR ADOLF HITLER ET MONSIEUR FRANZ KAFKA OUVRENT UNE AGENCE DE DÉTECTIVES PRIVÉS

_ Vous n'êtes pas sérieux !?

_ L'hostie consacrée clouée sur le mur. Le sang coule. Le sang de Jésus. Ce qui n'arrive pas à une hostie ordinaire. C'est ce que me disait mon professeur.

Monsieur Kafka était surpris de ce qu'il apprenait sur l'étrange monde des catholiques de la même façon que monsieur Hitler sur l'univers bien particulier de la secte Juive. Chacun partageant ses ignorances.

_ Mais le sang de Jésus n'est pas dans le vin de messe ?

_ Le vin de messe consacré. Nuance. C'est réservé au curé. Je connaissais un petit garçon qui était servant de choeur qui buvait le vin de messe. De toute façon, le curé de sa paroisse était un ivrogne. Il ne comptait pas beaucoup, pourvu qu'il y ait suffisamment de bouteilles. Alors, il se mêlait entre sa consommation personnelle, celle pour son métier, et celle des enfants de choeur. C'est un peu compliqué. Les protestants communient sur les 2 espèces. Les catholiques ont uniquement l'hostie. Ronde. Les protestants, c'est parfois, de petits pains. Mais le sang coule si on pique une hostie avec un clou. J'ai jamais essayé. C'est pour ça que le curé la mettait sur la langue, il fallait l'avaler sans le mordre avec les dents. Car ça faisait mal au Petit Jésus.

_ En Pologne. il y a des épiceries où on vent des sacs d'hosties, ordinaires, rondes. Et des retailles d'hosties. La variété ordinaire pas la grosse avec des signes cabalistiques réservée au prêtre. On ne coule pas ça dans un moule mais plutôt comme la lasagne, une large bande pressée qui passe sous une machine qui taille les pièces rondes. Ce qui fait beaucoup de surplus de pâte. Et on ne réussit pas toujours les beaux morceaux ronds. Les erreurs, les tordues, cassées, ébréchées, trop pâles ou trop grises ou brûlées et les surplus proviennent des monastères des soeurs contemplatives qui les fabriquent pour la communion des messes. 140 millions par an pour la France. Juste les parfaites. J'ai vu dans un journal de ma logeuse. En Allemagne et en Autriche, je ne sais pas. Il y en a qui aime. Dans l'article de journal, l'ambassade de France se plaignait au gouvernement Polonais car des fabriques locales leur font une concurrence déloyale en cassant les prix.

50 monastères et des centaines de moniales en dépendaient pour leurs oeuvres pieuses. L'ambassadeur de France en Pologne protestait. On était sur le bord d'un incident diplomatique.

_ Vous qui écrivez, ce serait un bon sujet d'histoire ?

_ Les hosties sanglantes, les sacrifices humains ? C'est trop dramatique. Je suis poète.

Monsieur Hitler fut surpris, car lui aussi était poète. Comme le hasard était étrange. Il aimait la poésie et en faisait. En amateur. Car il n'existe pas de poètes professionnels sauf au Parlement Canadien, où un écrivain poète était engagé comme employé rémunéré pour écrire des poèmes de circonstances. On les lui commandait pour les grands événements.

Puisqu'on était entre collègue et frères de coeurs, il osa avouer ses péchés d'écriture. Les Allemands étaient réputés pour leurs poètes.

Monsieur Kafka fut ravi. Ils se promirent de se lire mutuellement quelques lignes à condition que chacun ménage ses critiques. Les lecteurs sont parfois cruels avec les artistes.

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État 1. 25  oct. 2013
État 2. 29 nov. 2013