HISTOIRES DE FANTÔMES

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HISTOIRES DE FANTÔMES.

Vers minuit, à la lueur de la chandelle, monsieur Henry Dickson, devant l'âtre où brûle des bûches d'érables et de vieux parchemins, se penche sur son écritoire. Tout est tranquille dans la grande maison, tout semble dormir et, soudain,
il y a ce bruit.

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30.12.13

455.152

Il y a la célèbre sculpture des 3 singes. 

Celui qui a les pattes dans les yeux. L'autre sur la bouche. L'autre sur les oreilles.

Gotlib en avait ajouté un quatrième.

Avec les pattes sur le zizi.

On oublie un autre commerce local: la prostitution. Armée = Prostitution. Les 2 vont ensemble. C'est la tradition. Les armées sont composées de jeunes hommes. Il faut des putes. Des bordels. Si on veut diminuer les viols. Si on ne veut pas qu'ils violent toutes les filles des environs. 

Les hommes du cru veulent bien lapider leurs filles mais ils ont des principes et peuvent vous égorger si vous ne comprenez pas. 

Comme il y en a pour tous les goûts: faut pas oublier les petits garçons. 

D'où la nécessité des 3 singes. Ou 4. 

Il y a autant de singes qu'on veut.

C'est comme ça que la guerre, la politique, l'économie, le commerce fonctionnent.

On pourrait ajouter un ministre. 

Il y en a toujours un qui vient faire un tour. Un discours. Des photos.

Mais qui ne voit jamais rien.

Et ces centaines de tonnes de drogue traversent les frontières la nuit à dos d'ânes.

Des milliers de tonnes.

Sur des millions d'ânes.

Bien entendu.

Avec les ministres, il y a des journalistes.

Et tous ces journalistes.

Et tous ces journalistes consciencieux qui ont tellement l'éthique de leur noble profession à coeur. Comme ils le font actuellement pour la Syrie. 

Et qui ne cessent de voir des champs de pavots bleus quand ils visitent le pays en saison. Mais qui ne disent rien de ce qu'ils voient. 

Ils ne peuvent pas ne pas voir

Pas une image. 

Imaginez à la TV lors du souper

Car ça nuirait au moral du payeur de taxes. 

De jolis fleurs.

Et de gros bulbes coupés juste ce qu'il faut pour les faire saigner

Et de la blessure sort la sève.

Un peu comme le sirop d'érable. 

Mais moins liquide.

Et tous ces jolis soldats drogués qui reviennent de mission et font des burn out ou des chocs post-traumatique ou des shell shock. 

Hystérie de guerre. Comme on disait en 14. 

En prenant conscience plus ou moins difficilement de ce qu'est vraiment leur noble métier.

Marionnettes de l'État.

C'est si beau.

454.151

Ou l'odeur de la bière. 

Et celle des cuves d'inox pas loin.

De la bière dans les cuves et dans l'air tout autour.

Ou l'odeur du pain.

Et l'odeur des tartes aux pommes et au sucre.

Et l'odeur de la petite maison.

Ce qui n'empêchera pas monsieur Dickson d'encourager le commerce local et équitable avec Haïti et Cuba, avec leurs rhums et cigares. 

Montecristo. 

$ 400 ou 600 la boite de 25.

Et les exportations Afghanes. 

Avec l'opium de première qualité.

Une des premières sources de $ pour l'État et les citoyens locaux. À part les subventions et les prêts et les dettes (qui ne seront jamais remboursées) pour l'État ruiné qui n'existe pas. 

Il y a le maire de Kaboul. Et le reste du pays. Et le Pakistan. 

Et les rançons que paient les envahisseurs Canadiens (étasuniens, français, etc) occidentaux aux seigneurs de guerre pour avoir la paix. Il y a de l'humour dans l'air.

Si tes chars blindés veulent traverser les routes de ma province pour aller attaquer les Talibans, tu paies. 

Et même en payant, on n'est pas sûr.

Ce qui a obligé les étrangers à asphalter les routes les plus utilisées. Les trous des bombes se voient mieux. 

Et les jeunes qui creusent des trous dans l'asphalte. Par contraste. Guenilles plus ou moins blanches sur fond noir. 

Ça occupe les chômeurs.

Les avions AWACS à 30 000 pieds les voient.

Et les satellites géostationnaires à 35 786 km d'altitude.

Il y a aussi les satellites en orbite terrestre basse à 2 000 kilomètres d'altitude et les satellites en orbite terrestre moyenne entre les deux. Qui ne restent pas en place contrairement à ceux qui sont plus haut. 

Il y a des bases secrètes terrestres qui ne servent qu'à envoyer ce genre de trucs. Et du matériel pour les bases dans l'espace. Avec lanceurs de missiles. Atomiques. Et des bases sur la lune. 

De temps en temps, on envoie un drone leur lancer un missile. 

Le reste du temps, on laisse faire. 

On envoie une équipe déminer.

Et, plus loin, un autre groupe remine. Ils s'occupent entre 2 récoltes de résines. Et quand ils sont aux champs, ils ne se battent plus.

Quant aux hôpitaux. Et aux écoles dont on a tant parlé. Et les écoles pour les filles. 

Il n'y avait plus d'$. 

Comme l'$ des Occidentaux pour la reconstruction va aux riches. 

Pour les autres

L'agriculture.

La culture des fleurs

Les pavots. 

L'opium. 

L'héroïne. 

Moins naturelle et écologique. Avec tous les produits chimiques nécessaires pour sa transformation d'une substance qui se fume et une autre qui se pique. 

Premier employeur local. 

Premier produit d'exportation. 

Principale attraction touristique.

Et tous ces militaires qui ne voient rien.

Qui sont 100 000 (sans compter l'intendance) depuis 2001 et qui n'ont rien vu depuis.

Et toutes ces belles frontières surveillées par les troupes. Les hélicoptères. Les avions. Les drones. Les satellites. 

Et on ne voit rien. On n'a rien vu. On continue de ne rien voir. 

Des champs de pavots bleus comme des océans et des mers.

Et personne n'en parle.

Parce que.


453.150

Il y a des gens qui on besoin de prendre de la drogue. D'autres ont le même effet avec les livres. Et ça coûte moins cher.

Ils ouvrent un paquet d'Amazon. Ou de la librairie Pantoute. 

Ou lors d'une visite d'une librairie de livres usagés. Ou un bouquiniste. Livre vieux et plus cher. Ou une librairie de livres neufs.

Comme on va chez le torréfacteur. L'odeur du café. Le café en train de se moudre. Le jet de vapeur dans le café moulu. Les gouttes et les gouttes noires. Le café dans la tasse. La vapeur dans le lait. Et la tasse avec la mousse de lait. Le cercle chocolat.

Le lait qui déborde de la tasse et coule sur la soucoupe.

Elle.

Elle en train de boire le café dans la soucoupe.

Et de se lécher les lèvres.

Elle se lèche très bien.

452.149

Donc elle lit.

Elle vient de recevoir en cadeau de Noël la nouvelle édition du dictionnaire Robert (dit le Petit) 2100 pages - et le Robert des noms propres - 2688 pages. 

2014

Et du Larousse. Petit. 2016 pages. Et le Hachette. 1872 pages. 

2014.

Tous les ans. Comme les choses sont bien faites, il y a un volume daté par année. Elle en a une collection. Dès qu'elle a eu les moyens.

Depuis sa naissance.

Sa mère les lui achetait.

Et il y a une grande bibliothèque à la maison. Avec de robustes planches. 

Et des tas de murs.

Chez elle, dans sa petite maison, elle n'avait pas les moyens de tous les avoir. Et sa bibliothèque était plus petite. 

Et il y avait moins de murs.

Dans la grande maison, elle les aligne avec fierté.

2000. 2001. 2002. 2003. 2004. 2005. 2006. 2007. 2008. 2009. 2010. 2011. 2012. 2013. 2014.

Ce qu'elle fait.

Et s'installe à la grande table avec différentes éditions du même dictionnaire ou des livres concurrents pour voir les différences. Ce qu'on a changé. Car si on a ajouté des mots et des noms, on en a éliminé aussi. Ce qui lui fait toujours autant (ou presque) de peine que le décès d'un ami. 

Mais où est passé ce mot?

Il était là.

Et il n'y est plus.

Si on en a soudainement besoin que va-t-faire?

En a t-on le droit?

Il doit y avoir un règlement contre.

Il y a des règlements contre tout.

Les éditeurs n'ont pas le choix, s'ils voulaient garder leurs livres dans ses grosseurs. Avec le même nombre de pages. 

Maintenant, avec Internet, le problème ne se pose plus. 

Et on peut télécharger le même livre sur son ordinateur.

Et il y a les Ebooks. Les tablettes Kobo, Kindle. Ou un lecteur. Ou lectrices. Ou un appareil électronique dédié, le Casio EW-F2000V. Ou le consulter en ligne par abonnement. Le livre virtuel a des particularités intéressantes. Comme la femme virtuelle. 

Et on y retrouve des connaissances.

On y parle de monsieur Dany Laferrière - écrivain Québécois/Haïtien/Français qui vient d'entrer à l'Académie Française. Qui fait aussi un dictionnaire. 

Et Fred Pellerin.

On ne sait pas si les français comprennent tout mais ils ont le réflexe politique de se faire des amis. Qu'on n'est pas obligé de comprendre. 

Et s'il y a les dictionnaires. Il y a aussi l'encyclopédie.


Il y a Wikipedia. 

Qui est très bien malgré tout le mal qu'on en dit.

Et en 2013, l’encyclopédie Universalis meurt en beauté comme sa copine l’encyclopédie Britannica. Elle, en 2012 après 244 ans d'existence. Pour se réincarner virtuellement. Mais sa dernière incarnation physique s’est faite en 30 volumes. 32 000 pages. Il y a le dépliant sur la table. Reliées en cuir véritable pleine peau. Synonyme du luxe. 

Ce n'était pas nécessaire. 

Mais ils semblaient y tenir. 

Beau papier. Bible double épaisseur. Le papier Bible simple épaisseur est pour les Bibles (d'où le nom) et la collection Pléiade de Gallimard. Typographie Time. 

Ainsi parée, elle trouvera une place de choix dans la bibliothèque de l’amateur de beaux livres et d’éditions rares. C’est ce que dit la publicité.  

Et ça va arriver bientôt.


451.148

Quoique on puisse envoyer des fax à Google. 

Certaines administrations de certains villages utilisent encore cette machine.

Et les plus vieux des anciens se souviennent des télégrammes. Dont le nom survit dans les télégrammes chantés. Généralement faux. Mais les ballons gonflés à l'hélium font tout pardonner.

Comme tout le monde fait la même chose, ceci a bouleversé le ministère des postes et la vie de milliers de facteurs qui ont été - pour les plus chanceux - mis à la retraite. Les autres devant, comme on dit, se reconvertir. 

L'État Canadien préférant subventionner à perte les soldats et les jolis joujoux militaires que les postiers ou les artistes. Dont on compte les dépenses et les revenus. Les premiers étant toujours plus intenses que les seconds. Ce qu'on appelle un déficit. Chronique. Douloureux et incontrôlable. Ce qui entraîne des plaintes et des lamentations variées de la part des ministres. Et des malédictions ou des conseils pour guérir cette hémorragie financière.

Tandis qu'on n'a pas cette pulsion comptable en ce qui concerne le ministère de la Défense ou de l'Attaque. Que rapporte une armée ?

Bien sûr, les Anglais ont vaincu les Français en en tuant assez, ce qui a eu pour conséquence que les envahisseurs dirigent le pays depuis 253 ans. Et n'ont pas vraiment envie de cesser.

Une guerre pouvait vous rapporter un pays. Des esclaves. Des femmes. À violer. La détente du soldat stressé. Des trésors.

Maintenant, si on ose parler de guerre - on préférera le mot «intervenir». 

Dans le sens: la situation en Syrie est intolérable. Il faut «intervenir». 

C'est-à-dire: bombarder et tuer tout un tas de monde. Ceci pour imposer la démocratie.

Et tous les éditorialistes et journalistes clonés parlent d'«intervenir». Supplient qu'on intervienne. Implorent.

Il serait si simple pour eux d'aller en Syrie par le premier avion. Et puisqu'il est interdit d'apporter son arme, même dans la soute. On aura la chance d'acheter une kalashnikov sur place. 

Et de tuer soi-même Assad. 

On fait donc attention aux mots que l'on utilise. Et à leur pouvoir d'invocation.

On ne dira plus: on va aller piller le pays et violer toutes les femmes qu'on va rencontrer. Et les fillettes. Pourtant, ça a été une motivation suffisante pendant des millénaires.

Maintenant, on bombarde un pays et brûlent vivant des tas de femmes pour éduquer leurs fillettes. 

C'est bien.

On reste donc pris avec une institution antédiluvienne appelée armée. Un peu gênante. Comme une association de zombies.

Anthropophages.

Il ne leur manque qu'une scie mécanique et le masque en peau humaine - le visage d'une femme. 

L'armée Canadienne étant supposée enjoliver la réputation du Canada alors qu'à tout bien comparer, elle n'est qu'une armée de rien du tout si on la met en compétition avec l'armée Chinoise, Russe et Étasunienne. 

Mais on s'entête encore. Comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf. Sans en avoir les moyens. 

On gonfle. On souffle. On lui met une cigarette dans le bec même si c'est mauvais pour sa santé. On lui met une paille dans le cul et on souffle. 

C'est plus fort qu'eux. Comme l'association des pédophiles masturbateurs rôdant autour des terrains de jeux des écoles primaires, les Conservateurs sont incapables de s'en empêcher. Sauf qu'eux aiment la religion et les armes. 

Et les foetus qui ont une âme. Ou les spermatozoïdes créés par Dieu.

Détestant les pauvres, les artistes et les pacifistes. 

Il est pourtant plus facile de compétitionner avec les danseurs Canadiens ou Russes ou Étasuniens ou les violonistes Chinois qu'avec leurs militaires. C'est déjà perdu d'avance avant de commencer. 

Mais, comme on vient de le dire: ils sont incapables de s'en empêcher.

Si on se masturbe continuellement, on finit par pisser le sang.

Il vaut donc mieux ne pas penser aux Conservateurs et à ce qu'ils se font entre eux dans l'intimité. 

450.147

On parlait des photos de la petite blonde. 

On pourrait dire que cet appareil n'a été inventé que pour célébrer sa beauté. On pourrait le dire. Si le kodak n'avait pas été inventé 100 ans avant. Ou plus.

1826

Donc il y a les photos.

Et sur les photos - pas toutes - il y a la petite  blonde en train de penser. Regarder une fleur. Une chenille. 

Penser toujours.

Bébé mordillant un livre.

Ou s'enfouissant dedans.

Se projetant dans les images et les illustrations.

Ou lire.

Ou dessiner les lettres et les mots avec les doigts.

Ou les manger.

Ou les goûter avec la langue.

Et lire.

Toujours.

Son occupation préférée.

S'il y a du papier avec des lettres quelque part, elle ne pourra s'empêcher de lire. 

Même à l'envers. 

Ou de travers.

Penser avoir des secrets lorsqu'elle est dans les environs est une vue de l'esprit.

Et comme si ça ne suffisait pas, elle lit dans les esprits.

Et vous parle sans vous parler.

Mais on parle des photos.

Et la plus vieille photo qui documente cette activité - difficile alors de dire son âge - elle devait avoir récemment quitté ses couches - et c'est pas sûr. On la voit sur la galerie de sa maison (qui était à ce moment, celle de sa mère) (rien n'a changé). Sauf qu'aujourd'hui c'est sa maison. 

Et que c'est là qu'elle a offert sa première tarte au sucre à monsieur Dickson. 

Là, on la voit donc en train de lire. Ou de faire semblant de lire. L'annuaire de téléphone. Le gros de Bell avec les pages jaunes. 

Blanches. 

Bleues.

Elle copiait sans doute le comportement de sa mère qui lisait beaucoup. 

Faisait semblant. 

Ou avait déjà appris, se l'étant enseignée elle-même.

C'était une boulimie de lecture. Une compulsion. Un vice. Dirait un vieux curé. Et il aurait ajouté: une forme d'orgueil intellectuel. De délire. Consistant à se servir de son intelligence. Démontrer le fonctionnement de celle-ci auprès des autres. Comme d'autres font de leurs chapeaux. Et refuser de se tenir dans les limites sûres tracées des siècles avant par l'Église. Et les bornes. Pour les bornés. 

Les limites des femmes étant encore plus mesurées (soigneusement) (parcimonieusement) que celles des hommes. 

La curiosité des Galilée étant déconseillée. On savait ce qui lui était arrivé. Et il fallait refuser de regarder à travers le tube diabolique au risque de découvrir des choses qui ne sauraient exister.

Hypathie

Olympe de Gouges.

Sophie Scholl

La création de Dieu ne pouvant être observée directement. Il fallait en lire ce qu'en disait Aristote et l'Église. 

Mieux. 

Ne pas savoir lire. 

Et écouter ce qu'en disaient les soutanes.

Mais ceci s'était passé bien avant sa naissance. Et des tas de gens étaient morts pour que les ignorants cessent d'être contagieux.

Et que les délirants contaminent les autres.

De nos jours, elle lit tout autant. 

Hier.

Le courrier des autres autant que le sien. 

Elle continue de recevoir des lettres d'endroits variés, inattendus dont on apprend l'existence en regardant l'adresse d'envoi ou l'estampe d'oblitération sur le timbre.

Et des cartes de Noël. Avec Ho Ho Ho sur le timbre.

Elle continue de recevoir des lettres même si la plupart des gens préfèrent utiliser le courriel (pour les plus vieux) ou les messages instantanés. 

Et des cartes postales

449.146

Avant

Avant.

Il fallait se prendre en photo devant un miroir. Et il y avait toujours l'appareil photo (à film) comme intermédiaire.

Et le rappel qu'on s'était volontairement pris en photo avec son appareil de métal devant un miroir.

Ce qui faisait du bruit.

Car le mécanisme bougeait. Il y a avait des rouages.

Maintenant, c'est plus diffus. 

Plus facile. Il y a le geste rapide. Et les images.

Qu'on n'a plus besoin de compter. Parce qu'il n'y a plus de rouleau de 24 ou 36 poses.

Et les images, on ne les garde plus pour soi. On les diffuse. Les montre. Ce que ne faisaient que les vedettes.

Ce que dénonce comme signe d'égoïsme/égotisme/vanité (toutn'estquevanitémondouseigneurjésus) les gens des médias à qui il ne vient pas à l'esprit - même pas une seconde (ce qui en dit beaucoup sur leur cerveau) - qu'ils dénoncent la vanité (futilité, fatuité, autosatisfaction, l'étalage de la satisfaction de soi-même, l'exhibitionnisme, puérilité, prétention, présomption, vitrine du moi, enflure du moi, masturbation mentale)

Des autres.

Tout en étant publiés (eux et leurs gémissements) dans un médias qui tire à 100 000 copies. 

Il n'y a pas tant de générations, on en retrouvait en robe de curé implorant le Seigneur du haut d'un perchoir de bois, d'exterminer - avec plus ou moins de ménagements- tous ces mécréants.

Les mêmes se retrouvent à la radio (avec un public de 100 000 - pour les radios culturelles) ou à la TV avec un auditoire à millions. Toujours à dénoncer l'orgueil. Des autres.

Vanité tout n'est que vanité. 

Sépulcre blanchi. 

Comme a déjà dit quelqu'un de célèbre dont on vient de fêter la procréation assistée et la naissance officielle entre un âne et un boeuf le 25 décembre.

28.12.13

448.145. OÙ ON QUITTE POUR LE MOMENT LES PASSIONNANTES AVENTURES DE MONSIEUR ADOLF HITLER POUR REVENIR À NOTRE ÉPOQUE.

Même si la petite blonde est toute jeune, il y a de nombreuses photos d'elle. On la voit à tous les âges de sa vie. Sublime fillette et estimable jeune femme. 

On dirait que sa mère avait conscience du fait qu'elle ne pourrait rester longtemps avec elle. Elle s'était donc faite une provision de souvenirs. Souvenirs laissés en mémoire et en héritage lors de son inévitable départ prématuré.

Petit musée de l'évolution de sa fille. En sagesse et en grâce. 

Et tout ce qui restait de la beauté inoubliable de sa mère. Les chats ne faisant pas des chiens.

Sans compter celles qu'elle prend d'elle-même avec son téléphone numérique i-phone (selfie/autophoto/autoportrait). 

Pour laisser à qui?

*

État 1. 28 déc. 2013
État 2. 29 déc. 2013
État 3. 30 déc. 2013



Il n'y a pas eu de mort

1.12.13

447.144.51. VIOLENCE, MYSTÈRE, SOCIOLOGIE, MORALE, DROIT DE LA FEMME SUIVI DE L'AUTOPSIE D'UNE FEMME. ON TROUVERA TOUT CECI ICI.

Nous retrouvons donc nos 3 petits personnages tout juste au sortir du gouffre (relativement).

Nous les décrirons donc à ce moment précis de leur vie.

Malgré son mauvais caractère, monsieur Adolf Hitler n'est pas un mauvais bougre, bon chrétien, toujours poli, avec un sens moral très développé, un désir ardent de bien faire; c'est un être délicat et sensible qui nous émerveillera par sa magnanimité et son remarquable esprit de justice. 


C’est un jeune lion qui aura bientôt de la force aux griffes et alors malheur aux oppresseurs du peuple.

Voilà.

C'est un moraliste de notre temps.


Car si monsieur Hitler a la tête dure, il a un bon fond et un coeur d'or. Toutes les personnes qui apprennent à le connaître ne peuvent que l'aimer.

Tandis que 

Même en perdant régulièrement conscience, monsieur Franz Kafka conserve une certaine dignité.

Voilà ce qu'écrirait quelqu'un qui aurait à raconter un jour leurs aventure.

Mademoiselle la secrétaire, dans son pittoresque langage de fille du peuple dit:

_ Un instant, vous n'allez pas écrire ça ?

Comme s'ils étaient définitivement sorti du piège dans lequel on (qui?) (comploteurs ?) (conspirateurs) (synarchistes ?) avaient essayé (vainement ?) (du moins pour le moment !) de les faire tomber, 

ils recommençaient à penser à leur avenir (activité rare de la part de monsieur Kafka) - ce qui laisse présumer du trouble provoqué dans son esprit par la situation qu'il venait de vivre -

Aussi absurde que ça puisse paraître

tandis que monsieur Hitler, qu'illuminait une haute conscience de lui-même sans qu'aucun élément matériel ne vienne troubler ou ne justifie une tel optimisme béat - il avait l'impression que quoiqu'il arrive, tout se réglerait finalement pour le mieux. Parce que c'état lui. 

Cette phrase est un peu longue. 

On recommence.

Comme s'ils étaient définitivement sorti du piège dans lequel on avaient essayé de les faire tomber, profitant d'un instant de repos, ils repensaient aux nouvelles aventures de leur héros - qui, certainement (selon monsieur Hitler) leur procurerait la fortune et la reconnaissance du public. 

Leur héros serait d'une indomptable énergie.

Alors qu'ils esquissaient le profil d'un nouveau personnage, cette fois-ci, une femme. Qui connaîtrait un sort cruel, voilà que mademoiselle la secrétaire, impertinente, met son grain de sel et interrompt nos 2 artistes.

_ Pourquoi c'est toujours la femme qui meurt ?

Monsieur Kafka nota:

_ Un homme qui meurt n'intéresse personne. C'est un roman dessiné. L'implication psychologique du lecteur est plus limité que s'il s'agissait d'un être réel. Et même si on distingue les êtres réels par catégorie: époux, parent, cousins, amis, voisins, incconus. Et ne pas oublier les ennemis. Et leurs contempteurs.

_ C'est une pièce d'un jeu d'échec. Un pion. 

Dit monsieur Hitler qui aimait les phrases définitives.

_ Tandis qu'une femme - allez savoir pourquoi ? - le lecteur a une petite émotion de plus. J'ai déjà étudié les différentes émotions produites par les textes - rien de scientifique, bien sûr - et j'en suis arrivé à cette conclusion. 

Pour produire nos petits sons et en faire notre petite musique, nous n'avons que 2 sons: les voyelles et les consonnes. Et 26 notes. 

Conclusion provisoire.

_ Est-il nécessaire de la faire souffrir ?

_ C'est absolument nécessaire. Quelque soit le texte, nous sommes toujours dans le mélo.

_ On est toujours sur le bord de voir quelqu'un sortir des coulisses et se mettre à chanter.

_ C'est toujours la brave fille qui meurt à la fin.

_ Ou que son père sacrifie aux dieux afin que les bateaux fassent une bonne traversée. 

_ Charmant!


27.11.13

446.143.50. NOS PREUX CHEVALIERS ONT TRAVERSÉ LA PREMIÈRE ÉPREUVE. SURVIVRONT-ILS À LA SECONDE ?

Monsieur Adolf Hitler, monsieur Franz Kafka et mademoiselle la secrétaire, traversèrent à tour de rôle le terrible piège.

Les redoutables piques pointées vers le plancher, le toit, leurs pieds les attendaient au fond de la fosse. Patiamment. 

Mademoiselle la secrétaire, la première. Judicieusement poussée dans le dos par la pointe d'une lance bien aiguisée pour lui éviter tout regret et l'empêcher de rebrousser chemin. Les regrets et les repentirs étant parfaitement inutile en ce lieu et dans une telle situation.

Quelques coups bien ajustés - mais délicats - aidèrent sa résolution défaillante.

Le salut était par avant. Rien de bon ne pouvait plus leur arriver en restant davantage plus longtemps dans ce lieu. Il y avait, certes, de bons livres et, en homme de goût, monsieur Hitler et monsieur Kafka, avaient su apprécier tous ces trésors. Mais l'homme sévère qui avait réuni ces livres et cette collection, n'était probablement pas du genre à plaisanter lorsque des étrangers jouissaient de ses biens sans lui demander la permission. Peut-être les occasions où des hommes de talent et des esprits supérieurs comme monsieur Hitler et monsieur Kafka étaient capables de comprendre la valeur de ce qui se trouvait ici, étaient-elles rares. Tant l'espèce humaine commune est décevante. Ce qui aurait donné l'occasion - rare aussi - d'une conversation intéressante entre érudits. C'est ce qui fait la plaie des mariages car rares sont les hommes qui trouvent leurs égales dans leur pénibles épouses. Les couples homosexuels (mâles) offrent ces occasions mais les préjugés du temps les ostraticent, Ce qui fait qu'il ne reste que les femmes - bien peu satisfaisantes - et les rencontre de collègues dans les clubs privés. 

Mais, généralement, on n'y trouvait que des bourgeois, et on finissait rapidement par découvrir que, contrairement à ce qu'affirment les professeurs, l'intelligence sert peu dans la vie. C'est même plutôt une tare, son propre problème qui entraîne malgré lui dans toutes sortes d'impasses. Ce que ne comprennent pas les gens intelligents. Ce que ne comprennent pas non plus les moins doués. Mais la vérité est que comprendre ne sert à rien. Ces derniers savent qu'en étant polis, arrivant à l'heure, en respectant leurs aînés, ils peuvent aller loin. Ou plutôt, sans savoir ni comprendre, sans embarrasser leurs collègues par des remarques et des questions inopportunes, ils obéissent, font ce qu'on attend d'eux, suivent les coutumes et les règlements du bureau et sont bien notés par leurs supérieurs hierarchiques. À commencer par le sous-chef de bureau qui est leur dieu immédiat à qui ils doivent leur avenir.  

Pourtant, malgré le fait qu'il n'y aura à la fin de l'exercice que déception et amertume, les intelligents ne peuvent s'empêcher de poser sans cesse des questions. Pire, ils remettent en question les ordres et les consignes. 

Alors que l'effort, le sens du travail, le fait d'arriver à l'heure, la minutie dans les détails, une bonne mémoire  suffisent pour aller loin et assez haut. Et la politesse envers les supérieurs est indispensable si on veut être bien noté. 

Si on se questionne sans cesse sur le sens de la vie ou le but de tous ces efforts, on n'ira jamais aussi loin. Le sentier sera ardu, difficile, lent, douloureux. 

Et, comme il arrive souvent, des élèves bien moins doués montent en grade avec des augmentations de salaire et des primes pour leur travail bien plus rapidement que les enfants que l'on disait doués et qui n'auront jamais pu utiliser ce don que l'on disait si fameux et qui sont maintenant sous leurs ordres.

Bourgeois petits et grands et fils de famille, dont la fortune familiale a permis de vivre sans s'astreindre à l'effort. 

On en aura pour exemple, le père de monsieur Kafka, il était de ces hommes s'étant fait eux-mêmes à la force du poignet et, parti de rien, étaient arrivés plus ou moins difficilement à quelque chose. On disait généralement qu'ils était arrivés dans la vie. Ils le pensaient eux-mêmes. Et les meilleurs d'entre eux, voulant éviter à leurs fils de traverser les mêmes épreuves qui, certes durcissent le caractère et force la déterninnation - les incitaient à suivre leur exemple. Leur conseillant de choisir les professions libérales et des carrières sûres. Par exemple, le droit. Au lieu de se laisser aller à des plaisirs éphémêres et fugaces comme la littérature. Agent d'assurance était bien aussi. 

Le père de monsieur Hitler qui n'était jamais allé si loin dans la vie, était d'une famille de fonctionnaires. Il savait comme son père et son grand-père que l'administration était une carrière sûre où on a à sa disposition un fauteuil et un bureau chauffé. Un lavabo et des toilettes. Et on pouvait faire sa vie dans un bureau.

Monsieur Kafka, docilement, tant son caractère était aboulique avait suivi les consignes de son père sans les suivre. Il fallait être avocat, il le fut. Une opportunité d'emploi s'offrait dans une entreprise dont il avait acheté des actions. Et. sur les conseils de son père, monsieur Kafka vendit des assurances. Réfléchissait au sujet de la gestion des assurances, des malades et des maladies, des accidents et des accidentés. Notait ses observations dans des dossiers qui seraient ensuite notés par un autre service. Tout ceci était bien injuste comme on voit. Car combien de gens de l'entreprise auraient voulu être à sa place? Faisaient tous leurs efforts pour y parvenir sans que ce soit possible. Alors que lui, sans le vouloir, en faisant le minimum d'effort, en y pensant le moins possible, était arrivé là où il était. Tant son esprit était grand. Qui peut le plus, peut le moins, disait le proverbe. Il ne voulait rien, ne s'appliquait en rien et, malgré cela, avait pu assez. Presque beaucoup. Il en vint même à avoir un espace à bureau pour lui-seul et un assistant et une secrétaire pour noter ses pensées. À condition qu'elles concernent uniquement le domaine des assurances de dommages aux personnes. Même si, comme on vient de le démontrer, il faisait tout cela à contre-coeur. Il aurait gravi les échelons bien plus vite s'il s'était donné la peine de pousser des soupirs enthousiastes. Car pour lui, malheureusement, un domaine aussi nécessaire que la vente et la gestion des assurances était une perte de temps. Pourtant des milliers de gens pourraient aussi bien prétendre le contraire. Et le nombre n'a jamais tort. Rongé qu'il était par le démon littéraire qui est pour certains dévoyés ce qu'est l'onanisme pour certains pervers. 

Le père de monsieur Hitler, aussi ferme dans ses propos que dans ses menaces que l'était le père de monsieur Kafka ne vécu pas assez longtemps pour assister à la ruine de ses efforts. Non seulement, son seul fils (sa fille ne comptait pas) refusait de prendre sa succession - un oncle qui dirigeait le service de son père était pourtant prêt à lui mettre le pied dans l'échelon ou à l'étrier - selon le cas. Et, au départ de son père à la retraite - mot nouveau et invention inouïe inventée par le kaiser - pensez! Une retraite payée jusqu'à la fin de ses jours. Et, il arrivera même que la veuve, sans jamais avoir fait d'effort, pourra à son tour, bénéficier de cette même rente - son fils prendrait son fauteuil. La chance étant avec lui, il avait sans jamais avoir eu à le demander 2 chances de réussir dans la vie: par son oncle qui lui offrait un poste parce qu'il était de la famille. Ou reprendre le poste de son père. 

Il avait refusé cet héritage comme on a vu dans la Bible. On se souviendra des fils jumeaux d’Isaac : Ésaü et Jacob. Ésaü avait faim et se mit à table pour souper. Mais son frère Jacob ne voulut le nourrir que s’il lui cédait son droit d'aînesse, donc son héritage paternel futur. Pour un plat de lentilles, Ésaü fut d'accord. Et se jeta sur le plat de fèves comme la misère sur le pauvre monde. Mais on est ici chez des Juifs, dont on connaît la cupidité. L’un est incapable de ne pas trahir, même son propre frère, afin de le voler et l’autre est tout aussi incapable de retarder la satisfaction immédiate de ses sens et de ses désirs. Le regret de ses actes ne venant que trop tard. Car, ce n’est qu’une fois repu, après avoir mangé ses légumineuses, qu’Ésaü se remit à penser et se rendit compte de ce qu’il venait de faire. Et il résolut de tuer son frère pour se venger. Les lentilles étant assez lente à digérer.

Comme Don Quichotte partit en chasse contre les moulins à vent, monsieur Hitler partit en chasse de la renommée. Tout aussi volage que les ailes de toiles d'un moulin à vent. Car bien peu sont choisi par cette déesse difficile. 

Il avait eu au moins le courage d'affronter ses démons. Pour tout perdre comme tant d'autres étourdis avant lui. 

Tandis que monsieur Kafka, son aîné, composait des poèmes tristes hors des longues heures de bureau à Allgemeinen Unfallversicherungsanstalt für das Königreich Böhmen, compagnie d'assurance pour les accidents des travailleurs du royaume de Bohême. Parfois même, dans les rares périodes creuses de son travail. Entre 2 piles de dossiers. Négligeant les clients qui attendaient leurs primes. Nuisant ainsi à leur santé. Par vanité littéraire. Ce qui était, on le comprendra, illégal, Il utilisait alors la machine à écrire mise à sa disposition contrairement aux directives de cette sévère institution. Quelques-uns de ses écrits parurent dans la revue Hyperion de Munich ou le journal Bohemia, le quotidien allemand de Prague. 

Mais comme monsieur Hitler, ses périodes de léthargie et de désespoir l'empêchait de réaliser ses rêves. Ils auraient dû alors reconnaître le bien fondé des admonestions de leurs pères et devenir des fonctionnaires consciencieux ce qui était plus à leur portée.

À un certain moment, la réalité devrait nous faire prendre conscience de la vanité des rêves de l'adolescence pour enfin entrer de plein pied dans l'âge adulte.

La société a besoin de vous.

Il faudra lui rendre ce qu'elle vous aura donnée. Et y ajouter. 

On se choisit, même si ce n'est pas de gaieté de coeur, une future épouse, une de ces femmes lourdes, épaisses et grasses mais sérieuses et sans imagination qui saura vous aiguiller et vous asticoter sans cesse afin que vous réussissiez votre carrière. Après votre mariage, plus aucune de vos minutes ne sera à vous désormais. Vous ne connaîtrez plus jamais le repos. Sitôt que vous serez revenu au foyer, elle vous attendra avec sa liste de choses à faire ou qui auraient dû être faites. Elle s'inquiétera et insistera pour demander si vous avez  bien travaillé, si votre chef est content de vous .Car son confort et celui des enfants que vous lui aurez donné, dépendra uniquement des revenus que vous amènerez de votre travail de bureau. Et votre indolence la rempliera de terreur. Comme l'ancêtre préhistorique apportant les dépouilles du gibier qu'il avait chassé dans la grotte familiale. Sans une épouse furieuse, obsessive, insatisfaite et ambitieuse combien d'hommes se seraient laissé aller à la paresse. Préférant le confort des spectacles de la ville, des dîners entre ami, au lieu de faire des heures supplémentaires. Se contentant de ce que la vie leur amène. Dans la vie, il n'y a pas que le bonheur.

Mais une sorte de démon les rongeait et les précipiterait bientôt dans l'abîme du désespoir.

Monsieur Kafka ne s'était pas perpétué comme il est recommandé dans la secte Juive. Ce qui était un autre motif d'humeur de son père. Auquel se joignait sa mère qui pleurait doucement en joignant les mains. On la privait de ses petits enfants.

Mais monsieur Kafka ayant trop d'imagination et des sens malades, hyperactifs et surdéveloppés supportait difficilement la présence obsédante des jeunes femmes en âge de se marier. Elle lui donnait mal à la tête. 

Il avait le goût trop délicat.

Il avait bien essayé quelques fois de se fiancer avec les jeunes filles que l'on avait mise à sa disposition depuis son enfance. Car dès ce moment, on avait prévu son avenir. Il fallait absolument qu'il y ait des Juifs, partout, toujours. Ce qui n'est nullement une obligation. Des parents prévenants prévoyaient longtemps d'avance les unions futures et n'allaient pas laisser les caprices enfantins et modernes au sujet de l'amour et toutes ces rêveries nuire à la famille. 

Le mariage est une chose trop sérieuse pour le laisser dépendre de l'amour. Et aux caprices des enfants.

Bref, dès sa naissance - en fait, bien avant sa naissance - on avait prévu son avenir jusqu'à son décès. Sans lui demander son avis. Et, depuis ce temps, depuis son arrivée sur Terre - qu'il trouva fort déplaisante -il avait tout fait pour contrarier les désirs, espoirs, projets, de ses parents. 

Il y eut un temps, où une main vengeresse serait sortie du Ciel nuageux pour le frapper d'un éclair et le réduire en cendre. Comme on en trouve d'innombrables exemples dans la Bible. Ces enfants rétifs, désobéissants, égoïstes et insupportables qui font sans cesse le désespoir de leurs parents sans jamais se repentir malgré toutes les occasions favorables (à chaque fois que leur funeste disposition les a plongé dans le péril - salutaires leçons qui leur est destinée afin de leur donner une nouvelle occasion de se repentir - mais qu'ils ne comprendront jamais) avant de finir en Enfer. 

Tandis que monsieur Hitler, si les femmes ne lui donnaient pas envie de vomir comme monsieur Kafka (son odorat était surdéveloppé), tout à son idée de Destin qui, selon lui, lui réservait de grandes choses et une place unique dans l'Histoire des hommes; il présumait avec raison que son parcours ne serait pas facile et, probablement parsemé d'épreuves destinées à le former - car tel est le destin des grands - et il n'allait certainement pas s'encombrer d'une femme qui tomberait inévitablement enceinte des qu'il la toucherait. Ou peu s'en faut. Et dont il faudrait subvenir à ses besoins quasi illimité. Pour aller loin, il faut marcher léger et seul. 

Et la solitude n'est-elle pas la marque des grands hommes.

Un manuel qu'il avait lu avidement lorsqu'il était enfant expliquait ce genre de choses en donnant des exemples. Et des photos de statues.

Comme pour la plupart des artistes, ses fils étaient ou seraient ses oeuvres. Qu'il n'arrivait même pas à finir. Ou à commencer. Ce qui compliquait encore les choses. Alors, devant ce nouvel échec, sa perpétuelle irrésolution, il se laissait aller à désespérer. Il désespérait un temps pour recommencer à espérer et à entreprendre de nouveau. On comprendra facilement qu'avec des véritables enfants, hurlant et courant partout, salissant tout, qu'il aurait fallu nourrir avec son foie comme le héron ou le pélican de la fable tel des Prométhée ailés. Il aurait été définitivement dans l'incapacité de produire quoique ce soit. (autre que d'autres monstrueux enfants et rejetons divers.) Et il y a la vie conjugale avec ses innombrables périls. Les artistes s'étant mariés ont découvert quel terrible démon était devenue la frêle jeune femme timide. Une épouse munie d'une balayeuse qui tient absolument à faire le ménage quand vous écrivez. Précisément là où vous écrivez. Le Destin, avec l'image d'un essaim de sauterelles bourdonnant ravageant les champs vous vient immédiatement à l'esprit. 

Ce n'est que plus tard, si on consulte les documents historiques, qu'il choisira publiquement une compagne, ayant préféré longtemps avoir pour seule épouse sa nation adorée l'Allemagne (on rappellera qu'il est Autrichien). Et n'ayant donc pas le temps pour une de ces innombrables Allemandes de sexe féminin qui le contemplaient d'un air affamé, sombre, douloureux et adorateur. Comme si elles manquaient subitement d'air. 

Ce n'est que lorsque des rumeurs malveillantes commenceront à courir au sujet de sa vie privée, des perversions secrètes auxquels ils se livreraient et de sa prétendue homosexualité, qu'il se résignera à passer à un autre stade de la vie sociale: la vie de couple. Il refusa ensuite et toujours d'avoir des enfants. Considérant la femme comme une enfant. Un ou une était déjà bien suffisant. En plus, une femme étant déjà bien assez encombrante. 

Mais il ne concédera à se marier que quelques heures avant sa mort. Par suicide. Ce qui rempliera sa femme de joie et de bonheur. Mais comme on dit: ce n'est pas pour le moment. Actuellement, il est autre. Et deviendra encore un autre pour cette autre carrière définitive. Et quelquefois avant aussi. Tant il était grand et varié. Tout ceci étant compliqué, on fera donc semblant de se concentrer sur sa vie actuelle - ignorée de la plupart - en évitant de penser à sa vie future que tous connaissent. 

Pour le moment, leur fuite étant accomplie, au-delà du terrible obstacle qui avait menacé leur vie et leur santé, ils regrettaient déjà cet oasis de culture, cet Éden de la civilisation où ils étaient reclus et où ils s'étaient exclus eux-mêmes par peur des remontrances du propriétaire de ces lieux.

Peut-être n'était-il pas trop tard?

On aurait pu attendre pour lui demander. 

Il n'y aura pas de femme autopsiée à ce moment.

Mais on ne veut pas trop en dire en ce qui concerne le futur.

*

État 1.2 27 nov. 28 déc. 2013

23.11.13

445.142.49. MONSIEUR ADOLF HITLER ENSEIGNE LE SENS DU SACRIFICE À MADEMOISELLE LA SECRÉTAIRE.

Comme si un insecte moralisateur avait soudain piqué monsieur Kafka celui-ci faisait un obstacle de son corps à monsieur Hitler. Ayant deviné sa cruelle intention. 

Il fallait maintenant que monsieur Hitler perfore son nouvel ami et fasse ensuite basculer mademoiselle la secrétaire. 

Si des femmes on en trouve partout, les amis son rares et monsieur Hitler n'en avait jamais eu beaucoup. Quelque chose dans son caractères les intimidait ou les repoussait. Mais les grands hommes sont seuls disent les manuels anciens. 

Il donna sa lance à monsieur Kafka qui ne savait quoi en faire. Ayant une aversion totale contre ces merveilleux outils que sont les armes. Une faiblesse incompréhensible de son caractère Tchécoslovaque. Ou était-ce Prague?

Ou la Russie ?

Monsieur Adolf Hitler revint plus tard avec une lance, la plus longue de toute et un peu trop lourde. Faites pour les charges des cavaliers à chevaux contre des ennemis qu'on embrocherait pour leur insolence. En ce temps-là, les hommes étaient forts. Au temps des héros. De nos jours, les hommes de notre temps, sont si faibles et efféminés. S'ils ne sont pas invertis, le contact constant, la proximité avec les femmes, l'encombrement de leur espèce, dans les rues, les commerces, les bureaux, alors qu'on leur permet de quitter leur maison, par une faiblesse coupable qui ne peut que se retourner contre ces inconscients, tout ceci ne peut qu'avoir nui aux hommes. 

Les pupilles des yeux de monsieur Kafka s'agrandirent. Comme une question. 

Qu'allait donc faire monsieur Hitler avec cette seconde lance. Comme si une n'était pas déjà assez ou de trop.

Monsieur Hitler s'adressa à la secrétaire comme si c'était un homme ou un être humain, c capable de comprendre. 

_ Je vous tend une longue lance. Ne la touchez pas tout de suite. Je vais essayer de la piquer sur le bord du mur de l'autre côté. Vous n'aurez ensuite qu'à la toucher et vous en servir comme une rampe d'escalier ou de galerie. Une main courante. Je tiens l'autre extrémité. Vous n'aurez ensuite qu'à avancer. Vous vous sentirez davantage en sécurité. Ce sera une nouvelle illusion, bien sûr, mais je n'ai rien de mieux.

Ensuite, il s'adresse en chuchotant à monsieur Kafka.

_ Vous vous servez de la seconde lance, plus courte, pour la piquer dans le dos. Ceci l'encouragera et la motivera. Comme on pique les ânes et les chameaux. 

Monsieur Kafka trouva l'idée farfelue mais comme il n'en avait aucune autre à proposer, il accepta de jour au picador d'une corrida.

Donc, poussée par la pointe de la lance qui s'enfonçait dans sa graisse molle et tout en tenant la hampe de la lance tendue par monsieur Hitler, encouragée par leurs messages d'espoir, eux qui s'adressaient à elle comme on raconte des histoires à un enfant, elle fit un premier pas. Puis un second.

Et même si elle se trouvait directement au-dessus des pointes de fer, elle avançait. Bientôt, elle serait passée de l'autre côté. Ou serait tombée.

Si Dieu le veut.

*

État 1. 23 nov. 2013


444.141.48. MADEMOISELLE LA SECRÉTAIRE DEVIENT UN OBSTACLE SUR LA VOIE DU PROGRÈS.

Quand monsieur Hitler revint avec la lance - il y en avait tant sur les murs qu'il lui avait fallu du temps pour choisir - la situation s'était encore empiré comme si c'était possible.

On a dit que la planche - en fait 2 planches superposées (provenant d'anciennes tablettes d'étagères de bibliothèques) faisait la largeur d'une chaussure, ce qui permettait amplement à 2 pieds d'avancer presque confortablement dans le long sens de la planche. 

Mais

Mais à force d'hésiter, de remuer, de faire mouvoir la planche sous ses pieds, elle avait, sans le vouloir, actionné le mécanisme et le plancher s'était ouvert tout grand. Sous ses pieds.

Mademoiselle la secrétaire se trouvait donc au-dessus des pieux de fer. Qui n'avaient jamais été si proche d'elle. 

Heureusement la planche qui lui serait d'assise tenait bon.

Mais rien ne disait que si cette situation se prolongeait indûment que la planche ne casserait ni ne basculerait.

Les hurlements de mademoiselle la secrétaire risqueraient d'attirer du monde. Car au fond de ce trou de pierre, on devait avoir comme une chambre d'échos renvoyant et augmentant tous les sons.

Monsieur Hitler, tout à son Destin contrarié n'avait pas pensé à ce détail. Monsieur Kafka lui fit une image de la situation. Il avait le don cruel de deviner, de percevoir et d'imaginer le futur ou les mots lu dans un journal ou un roman comme des situations réelles. Comme s'il aurait pu leur toucher. Ou être touché par eux. 

Mademoiselle la secrétaire pleurait sur sa planche au milieu du (petit) ravin. Petit. Certes. Mais éminemment menaçant.

Elle n'irait pas plus loin.

Comme l'âne proverbial sur un pont branlant, elle était figée sur place. Il aurait fallu qu'un père, un mari ou un frère la batte pour qu'elle se décide enfin d'avancer. La peur du coup prochain devenant pire que celle du danger un peu plus lointain. Il est bon que l'homme soit sévère avec la femme et l'éduque sans cesse afin que comme l'âne, elle soit soumise et obéissante. C'est la mollesse des hommes qui fait les femmes indisciplinée et rebelle. 

La situation ne pouvait durer indéfiniment. 

Bientôt, elle tomberait. Ses jambes fatiguées de trembler se déroberait sous son poids. Non qu'elle soit lourde mais tout son corps tenait sur ses 2 petits pieds posées sur ces faibles planches.

Monsieur Kafka toujours tenté par le démon de l'irrésolution et de l'indécision était devenu muet. 

Il fallait faire quelque chose. 

*

État 1. 23 nov. 2013