HISTOIRES DE FANTÔMES

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HISTOIRES DE FANTÔMES.

Vers minuit, à la lueur de la chandelle, monsieur Henry Dickson, devant l'âtre où brûle des bûches d'érables et de vieux parchemins, se penche sur son écritoire. Tout est tranquille dans la grande maison, tout semble dormir et, soudain,
il y a ce bruit.

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17.5.12

86. DANS L'ÉQUILIBRE DE LA NATURE, LES MANIAQUES JOUENT UN RÔLE PRIMORDIAL

Henry Dickson

Se promenait en pensant à la mort ce qui est l'occupation principale des gens qui arrivent à un certain âge. La visite à l'hôpital ne l'ayant pas aidé à améliorer son moral.

Comme rien n'a de sens pourquoi s'en faire?

On avait encore démoli un bel immeuble ancien qui devait se trouver à ce moment juste devant lui mais qui n'y était plus. Pour tirer plus d'$ de l'espace disponible. Avant, on vivait trop largement, il y avait des espaces et de l'air non rentable. On apprenait donc aux gens a s'entasser plus naturellement.

L'hôtel où il logeait et irait dormir tout à l'heure avait été construit à la place d'une dizaine d'immeubles et quelques rues dont plus personne ne se souvenait.

Tout meurt, tout disparaît et tout se recyle.

Les gens aussi. Sauf que les poulets seraient réticents à sauter dans la friteuse du Colonel Sanders si on leur expliquait; ce qui les différencient des humains qui ne demandent que ça. Et seraient prêts à revoter pour ce même gouvernement qui les vole et revole par en avant et en arrière depuis 8 ans.

Oui, panez-nous et envoyez-nous dans la friteuse.

Pourtant, il y en a (une minorité) (la plupart des employés des médias lèchent des bottes si naturellement que c'est devenu une forme de patinage artistique en voie d'homologation pour les Jeux Olympiques) qui leur explique mais ils ne comprennent pas. Et une fois que l'explication est finie, ils oublient.

Ce n'est pas leur faute. C'est la tête. Encore. Sauf qu'ils sont à un stade moins extrême que les clients de l'hôpital.

Mais on ne peut pas euthanasier tous les gens qui ont 2 chiffres de quotient intellectuel. La majorité de la population.

Il lui restait une journée à passer dans la ville. Il n'aimait pas arriver et faire quelque chose le jour même. Et une fois la chose faite, repartir le même soir. Il n'était pas pressé. Il continua sa marche au hasard pour voir ce qui était détruit ou en train de l'être.

Quelque chose lui disait qu'il n'allait pas aimer ce qu'il allait voir.

ELLE

Debout.

Fermait les paupières.

Ne voulait surtout pas attirer l'attention.

Elle regardait ou ne regardait pas. Ne voyait rien. Les yeux comme tourné à l'intérieur d'elle, de sa tête. Ne voulait pas voir. Ne voulait surtout pas savoir. Il ne fallait surtout pas qu'elle sache. Qu'elle apprenne ce qui se passait. Ou allait se passer. Tout était vague ou trop clair. À nouveau imprécis. Impossible de focaliser son attention. Tout était flou. Confus.

Malgré elle, ouvrait les yeux. Même si elle ne voulait pas regardait devant soi. Puis fermait obstinément ses paupières.

Son corps refusaient de bouger. Paralysé. Mais il fallait que son corps fasse quelque chose. Il lui semblait vaguement que son corps aurait dû faire quelque chose. Mais son corps était en bas, loin, ailleurs, partout et son esprit quelque part, ailleurs, partout. Pas dans sa tête. Répandu.

Elle était toujours debout. Il lui aurait été facile de marcher, de courir.

Elle pouvait parler. Mais n'y arrivait pas. C'était trop.

Quoi faire?

Comme les proies devant le prédateur. La Nature et l'Évolution ou Quelque Chose de Démoniaque qui bricole et assemble les petits corps fragile a suivi, observé et perfectionné sans cesse le processus. Bec. Dents. Crocs. Scies. Lames. Ciseaux. Pinces. Griffes. Serres. Ventouses. Trompes. Acide. Aiguilles hypodermiques. Des milliards d'années de dévoration utilisant tous les procédés possible. Quand les proies sont assimilées par le prédateur et deviennent parti de lui. Regret d'un système si efficace. Par charité? Compassion. A permi que la proie sur le point de mourir ou en train d'être dévorée vivante, dont on suce le sang, mise en morceaux, arrachées par lambeaux ou dépecées se déconnecte. Son cerveau se met à OFF. Va ailleurs. Ou cesse simplement de fonctionner. Pendant que l'on fait à son corps ce qui doit être fait. Qu'on le débite, l'ouvre, l'écartelle, le répand partout, l'étale, qu'on le fouille à plein museau. S'en sert comme mangeoire. Abreuvoir de sang. Mastiquant la chair crue. Vivant. Chaud. Vif. Saignant partout. Et ce faisant, il arrivera un moment où, finalement, le système nerveux sera atteint, sectionné, le coeur cessera de battre arrêtant de pomper le sang vers le cerveau, à moins que le coeur palpitant ne soit dévoré avant et, alors, le corps entier sera définitivement hors service. Ramené à sa simple fonction de nourriture. Mais le cerveau, même le cerveau complexe qui deviendra lui-aussi nourriture une fois qu'on aura fendu le crâne, était déjà ailleurs. Parler de vie et de mort, utiliser ces mots ne fait que romantiser un processus nécessaire à l'Évolution. La vie et la mort ne formant que les 2 pôles d'un même système. Ouvert et fermé. L'une ne pouvant être envisagée sans l'autre. Se demander à quel moment naît la vie et quand elle cesse d'être simple circulation d'influx nerveux et de substances et de sang. Pour devenir autre chose d'indéfinissable. Passer à un autre étape d'un nouveau cycle. Se poser la question sur le moment ultime où l'âme se détache du corps laissant cette vieille enveloppe séchée, flétrie comme une cosse de petit pois qui a trop servi. Tous ne peuvent être herbivore. Et aucun ne demande de permission au brin d'herbe qui, sans doute, veut.. on ne dira pas vivre mais continuer à exister, aspirer de l'humidité et des nutriments, transformer de l'oxyde carbonique, faire de la photosynthèse. Donner sa rosée. Évaporer. Même les herbivores grossissent. Toute cette réserve abondante de nourriture sur pieds devra être utilisée. On aurait pu leur épargner une mort prématurée et atroce en les laissant tout simplement périr d'accident, de noyade, de sécheresse ou de vieilesse. Puisqu'elles ne sont pas éternelles comme les roches ou les chromosomes et les éléments d'ADN. Ils se seraient décomposées et liquéfiées en leurs particules élémentaires et les brins d'herbe les auraient absorbées. Aidées des vers de terre. Mais c'était trop lent. Pas assez spectaculaire. Pas assez dramatique. Insuffisant. Alors, on ajouté en plus des herbivores leurs parasites: les cernivores. Le monde est fait de proies, innombrables, et de prédateurs. Des petits prédateurs qui mangent des petites proies. Qui, eux-mêmes deviennent les proies de prédateurs moyens car il leur faut grossir suffisamment pour satisfaire l'appétit de carnassiers voraces. Sous terre, un gardemanger vivant. Dans chaque brin d'herbe, une boucherie. La forêt, un camps de la mort. La mer un enfer d'agonie. Le ciel, un terrain de chasse.

Et dans le monde des femmes arrive les hommes

Le monde est un abattoir.

LUI

L'observait avec délectation. Il se retenait. Les autres fois avaient été trop rapides. Il l'avait épiée, suivie, l'avait regardée prendre un raccourcis qui ne menait nulle part. Elle avait une mallette avec des dossiers urgents. Il n'était pas sûr au début que ce serait elle. Il en avait suivi quelques-unes. Puis avait changé d'idée. Elles avaient toutes quelque chose qui n'allait pas. Elles n'étaient pas seules. Tout à coup, un autre homme, un concurrent, se joignait à elle et elle paraissait contente de le voir.

Il avait décidé que ce serait elle. Il ne pouvait plus attendre. La pression dans son sang, ses artères, son ventre, le bas de son ventre, ses testicules, son sperme était trop intense. Il fallait qu'il se vide dans une femme. N'importe laquelle. Voyait rouge. Avait mal. Son cerveau s'enfiévrait dans son crâne. Entendait des cloches.

Il fallait qu'il la défonce.

La douceur n'était pas son truc. Pas assez d'intensité. Parler? Pourquoi faire? Elles comprenaient très bien ce qu'il allait faire. Leur faire. Voulait. Aller ailleurs, dans un bar, un café et tenter de convaincre n'importe qui de faire la même chose. Trop lent. Et il détestait être évalué. Comme une marchandise usagé à l'étal. Insuffisant. Elles sentaient qu'il avait besoin d'elles et elles le méprisaient pour ça. Leur petit sourire supérieur. Non! Il y a mieux. Refusé. Au suivant! Plus beau, plus jeune, plus riche. Plus d'avenir. Oui. Il manquait d'avenir. De futur. Et alors qu'on a envie de la frapper, faire comme si ce n'était rien, comme si c'était tout naturel, comme si on était habitué parce que ça arrive tout le temps. Faut se faire une raison. Un jour ce sera ton tour!

Et les professionnelles. Pas assez propre. Trop de gens leur sont rentrés dedans. Pas assez d'émotion. Trop mécanique. Pas assez humain. Pas suffisamment de sentiments.

Les yeux vides de poissons morts. Pas frais.

Il fallait la traque, la chasse, la capture. La supplication.

Non

Ne me faites pas mal.

Oui

Je ferais tout ce que vous voulez

Mais

Laissez-moi vivre!

Celle-là ne disait rien.

Si il ne voyait pas sa poitrine enfler, se soulever, ses petites narines s'ouvrir et se fermer comme le syphon d'un animal sous-marin, signe qu'elle respirait encore, il aurait cru qu'elle était morte.

Il ne fallait pas qu'elle soit morte ou inconsciente. Elle devait respirer encore. Au moins un peu.

Il ne voulait pas non plus qu'elle fasse semblant d'être morte. Dans l'idée de sa petite tête qu'en ne bougeant pas, en n'offrant aucune résistance, il ferait ce qu'il avait à faire plus vite. Comme s'ils étaient mariées. Mais si elle ne bougeait pas, il débanderait et ne pourrait plus entrer.

Il fallait donc qu'elle réagisse mais pas trop. Si elle se mettait à taper, griffer, mordre, donner des coups de pieds et de genoux, il perdrait patience et ferait encore des choses qu'il regretterait. Mais c'était de sa faute.

Il ne fallait pas non plus qu'elle l'insulte. Le traite de violeur, de malade, de dégénéré, de pervers, de lâche pour s'attaquer à une femme seule. Ça il ne supportait pas. Il pouvait devenir vraiment méchant quand on prétendait qu'il n'était pas un vrai homme.

Il était sensible.

Il fallait qu'elle refuse. Suffisamment. Plus elle refusait, plus c'était agréable.  Plus la pression s'intensifiait et plus la libération de la pression serait jouissive. Il fallait qu'elle refuse mais pas n'importe où. Pas dans un café, un bar, là où il y a du monde et où elle peut refuser de haut. Les airs qu'elles se donnent.

Non, que ce soit dans une ruelle. Coincé le dos au mur.

Les pieds dans la terre, la boue, l'eau.

Il fallait que lors de la pénétration son sexe offre une certaine résistance qu'il ne soit pas trop large, trop mou, dilaté et déformé comme celui d'une femme qui vient d'accoucher. qu'o pourrait enfoncer avec le poing. Certains le font. Il ne fallait pas non plus qu'elle jouisse, que son sexe soit trop glissant, alors il entrerait trop facilement. Comme si elle l'aspirait en elle. Aurait l'impression qu'on l'exploite, qu'on se sert de lui, qu'il n'est que son instrument, le jouet d'une femme sans principe, sans morale ni pudeur.

Il avait des principes.

Qu'elle ne puisse par parler. Il détestait les crieuses. Il y en avait qui aiment les hurleuses, pas lui. Il en avait déjà essayé. Il faut cogner jusqu'à ce que le mécanisme qui hurle se brise. Comme un jouet d'enfant. Et tout le temps qu'elle hurle des gens peuvent entendre. Alors quand il en rencontrait une, il la laissait à d'autres.

Il préférait les silencieuses. Les paniquées comme celle-là. Qui reculent, reculent comme si elle pouvait entrer le dos dans le mur de brique. Devenir invisible. Brique parmi les autres briques. Invisibles. Technique de défense ou de camouflage de certaines espèces animales inoffensives et que la Nature a dépourvu de tout moyen de défense. Comme un nouveau jeu.

Qui pleure, supplie. Il y en a même qui joignent les mains comme on prie un Dieu. Il aimait la sensation d'être Dieu. Ce n'est pas dans un bar que l'on peut décider de la vie et de la mort d'une femme. Dans ces endroits, ce sont elles qui décident. Non de votre vie et de votre mort. Mais de votre moral pour le mois qui suivra.

Étant Dieu, il avait délaissé la hurleuse de tout à l'heure. Et voyait la suppliante murmurer des mots inintelligibles. Étaient-ce des mots?

Parfois, elles parlaient de leurs enfants, de leurs bébés. Disaient qu'elles étaient enceintes. Il n'avaient rien contre les femmes enceintes pourvu que ça ne paraisse pas trop. Trop grosse les truies avaient un air animal qui lui répugnaient. Et il avait trop l'impression, plus que l'impression, la preuve vivante que le pénis d'un homme était entré dans leur corps avec leur permission, avaient donné des coups en elle, tout le long de la trompe interne qui lui servait de sexe, s'était répandue en elle. Et, depuis, les fertilisait, les enflait, contaminait leur intérieur. Comme une maladie. Une infection.

Il pourrait se rendre malade. Et il était soucieux de sa santé. Et ne choisissit donc pas les femmes qui avaient l'air malade.

Il y en avait tant. Comme le pécheur au milieu d'un lac poissonneux. Elles étaient toutes pour lui seul.

Il avait tous ces critères pour choisir ou ne pas choisir.

Elle était belle.

Il avait vu de plus belle.

Elle n'était pas moche habillée.

Il en avait de pire.

Mais il ne touchait pas les moches. Encore une fois pour ne pas attraper des maladies. C'était peu être contagieux?

Pas les malades, pas les grosses, pas les moches, pas les vieilles.

Il faudrait qu'il fasse attention car il lui arrivait de trop s'exciter. Il pourrait éjaculer dans son pantalon.

Compréhensible, il s'était retenu depuis si longtemps.

Il l'embrassait pendant qu'elle était collée au mur. La palpait, soupesait ses seins ce qu'elle lui laissait faire ici et ce qu'il est impossible de faire avec les femmes dans leur monde de femme.

Il allait la jeter à terre, se jeter dessus, arracher sa culotte, ouvrir ses cuisses et lui rentrer dedans jusqu'au menton. Transpercer son estomac, son coeur. Il éjaculerait enfin comme on tombe dans le vide comme s'il ne pouvait plus s'arrêter et elle déborderait de sperme. Il en sortirait même par sa bouche. Il avait l'impression d'être une citerne remplie de sperme en ébullition qui allait exploser si elle ne se vidait pas.

Il fallait rester excité mais pas trop. Juste assez excité. Penser à quelque chose d'impersonnel: une brique.

Et lorsqu'il s'excitait, il ne faisait pas attention à la force de ses mains. Un petit cou de femme, c'est fragile. Ça se casse facilement. Il en avait déjà cassé quelques-uns. Et ça s'étrangle si vite. Comme on casse un oeuf. Un choc et ça meurt. C'est déjà mort et vous n'avez pas encore fini. Et vous vous apercevez que vous êtes dans le corps d'une morte.

Mais il ne voulait pas faire ça dans une morte. Il avait entedu dire que certains aiment ou que ça ne les dégoûte pas.

Lui avait des principes.

EUX

Il se jeta sur elle et commença à lui arracher sa chemise. Elle ne bougeait toujours pas. Droite comme un monument funéraire. Essayant de ne pas regarder devant elle, de ne pas le voir. Faisant tout ce qui était possible pour regarder en haut. La lune des fous qui la regardait de son gros oeil blanc sans iris de Cyclope. Cet oeil qui avait déjà vu des millions de femmes violées partout dans le monde et au cours de l'Histoire. Le Destin des femmes. Le Finalité des proies.

L'ordre éternel de la Nature.

La Nature dans toute sa simplicité Biblique.

HENRY DICKSON

Avait entendu une sorte de grognement de bête.

Ici, on crie tout le temps. Il y a toujours quelqu'un qui crie. C'était quelque part. Au milieu des bruits des autos qui viennent de partout et n'arrêtent jamais. Un petit revendeur de drogue se faisant casser la gueule par son patron. Une pute faisant un client dehors parce qu'il faisait assez chaud et qu'elle économiserait le prix de la chambre. Et le client content content. Pourquoi se mêler des affaires des autres?

Par curiosité alla vers le rire de malade.

Vit.

Comprit.

Étira le bras et la balle sortie de son pistolet entra dans le crâne de l'homme dont le cerveau malade gicla comme du pus avec cette balle qui fit exploser sa boite cranienne en sortant de l'autre côté de sa tête.

L'homme tomba lentement. Déja mort. Les pentalons baissés. Les pattes de grenouilles blanches et molle plièrent.

Elle continuait à regarder ailleurs. Loin. Déconnectée de ce qui lui arriverait à elle et à son corps. Ceci ne la concernait pas. Elle ne voulait rien savoir. 

Elle était encore habillée, seule sa chemise était déchirée et la bretelle de son soutien-gorge cassée. Un sein découvert. Mordue au sang. La peau rouge, ouverte enfoncée par les dents. On aurait pu prendre une empreinte dentaire.

Elle ne comprenait pas.

Inutile de lui parler. Il avait essayé mais elle refusait de le voir.

Elle était en forme. Vivante. Suffisamment pour marcher quand elle reviendrait à elle. Elle tremblait beaucoup et, probablement, se reconnecterait dans un instant.

Ce qui n'était pas le cas de l'homme écrasé par terre dont le sommet de la tête était disparu.

Il s'en alla.

La vie continue.

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MORT: 1

Cause de la mort: Balle de 9 millimètre Parabellum dans le crâne

Note: Bon débarras!


MORTS: Multiple mais indéterminée provoquée par le mort précédent

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17 mai 2012. État 1