Monsieur Dickson repartit donc à son hôtel avec le dossier.
Elle lui fit promettre de le lire.
Comme si c’était nécessaire.
Plusieurs fois.
Comme une institutrice pousse un élève d’une classe allégée pas très motivé. Comme si ses efforts futiles allaient y changer quelque chose. Comme si plus d’efforts inutiles de la part du professeur, plus d'efforts encore étaient nécessaire. L’agitation de la prof se transmettant dans les airs comme les humeurs des médecins de Molière. Et la souris naîtrait de la ouate dans un bocal fermée. Et la cruche serait remplie.
Il n’est pas impossible que ça arrive. Mais l’exception confirme la règle qui veut dans la majorité des cas, ceci n’arrivera pas. Ce qui en fera une règle. Les quelques exceptions sont là pour permettre de conjuguer à tous les temps le verbe espérer.
Il fut surpris qu’elle le connaisse si mal. Et se demanda comment elle le voyait. Mais préféra ne pas penser plus longtemps.
Il venait déjà de découvrir qu’elle était stupide.
Vivant dans un cocon prophylactique depuis si longtemps, elle n’avait jamais eu vraiment à comprendre les gens.
Ce n’était pas vital. Ni nécessaire.
L’usage de son cerveau s’était limité graduellement parce qu’elle n’en avait pas besoin pour sa survie.
Sa tête était devenue un objet décoratif qu’elle peignait, lavait, shampouinait, revitalisait et teignait régulièrement, servant d’aquarium à sa mémoire. Elle la déposait à la fin de la journée sur son oreriller de duvet et la retrouvait intacte le lendemain sur le même oreiller. La vie était bien faite.
Ou c’était la peine d’une mère qui influait sur ses neurones.
Explication plus humaniste.
Monsieur Dickson avait finalement lu le dossier.
Et relu.
Et n’avait pu faire mieux que tous les flics impliqués.
Il était intelligent. Malheureusement pas assez.
Probablement que dans tous ces mots, il y avait quelque chose qu’il fallait voir d’un œil différent.
Une information qu’une puissante mémoire, qu’un esprit supérieur synthétiserait pour bondir vers un fait inattendu.
Malheureusement, malgré toutes ses qualités, monsieur Dickson n’était pas l’homme qu’il fallait.
Pour lui, dans ce cas, la réalité était opaque. Les faits trop nombreux ou insuffisants.
C’était le cas de tous les autres qui étaient passés sur ce dossier avant lui.
Le nombre n’avait pas suffi. Ni l’expérience. Ni la méthode.
Manque de théorie.
D’hypothèse.
Il manquait trop de choses.
Les policiers continuaient à défricher le terrain. Le découragement ne faisant pas parti d’un esprit administratif ou scientifique. Ou de l’organe olfactif d’un chien de chasse.
On recommençait à parler de chance.
Ce qui était mauvais signe.
Il fallait un autre esprit.
Un esprit supérieur.
Quelqu’un qui comme dieu verrait de haut.
Et, il avait un de ces dieux parmi ses connaissances.
Ami aurait été un terme exagéré.
Les dieux ne vivant qu’entre eux. Et ne s’abaissant pas à avoir des amis parmi les espèces inférieures tout juste tolérées.
Il avait remis le dossier à son amie en secouant la tête.
Dans un autre café. Il n'avait pas aimé celui qu'on avait concocté dans l'autre.
Il la décevait encore.
Il vit qu'elle était presque gênée de le revoir, de se retrouver en sa présence. D'êre vue en public avec lui.
Elle ne pouvait s’empêcher de le montrer malgré elle. Elle était tellement habituée à avoir ce qu’elle voulait, qu’on l’obéisse, la serve, qu’elle.
Il commençait à noter le nombre de fois où il la décevait.
Et n’aimait pas qu’elle pense ce genre de chose de lui.
Après tout, il ne lui devait rien.
C’était sa fille.
La fille de cette femme.
Elle avait été agréable avec lui dans les bons moments.
Et n’avait jamais eu l’occasion, jusqu’à présent, de découvrir comment elle se comportait dans les moins bons.
Ou dans la vie de tous les jours.
Il n'avait eu que de bons moments avec elle. Sinon, il y aurait eu longtemps qu'il.
Mais la quitter dans cette situation. Même avec les meilleures raisons.
Il commençait à faire du sentiment.
Lui qui était si indifférent.
Les gens que l'on rencontre ne sont que des vivants provisoires, des mourants. Le moment où ils seraient effectivement morts étant plus ou moins proche. Il ne servait donc à rien de trop s'attacher. Il ne sert à rien d'être ami avec des papillons. Ou des reflets.
Et lorsqu'on commence à connaître réellement quelqu'un, on découvre généralement, à quel point il est défectueux. Ce qu'on ne remarquait pas, n'avait pas remarqué avant parce qu'on n'avait pas fait attention. N'avait pas commencé à s'attacher. Était indifférent.
Les gens étaient des ombres provisoires, fragiles, éphémères entre lesquelles ont se faufilait sur un trottoir, un escalier, un corridor.
Toute cette histoire ne le concernait pas.
Et cette histoire allait mal finir.
C'est ce que ne cessait de dire - avec des mots prudents - el dossier de police.
Il était vraiment trop tard pour que ça finisse bien.
Mais il y avait la chance. L'espoir.
Chez les humains, tout est si salissant.
La situation aurait pu être simple: une amie en détresse qui demande votre aide. En souvenir des bons moments passés - et il n'y avait jamais eu de mauvais - on l'aidera. Elle espérera. On espérera avec elle. Elle écoutera vos conseils. On fera ce qu'on pourra. Et si tout finit mal, on la consolera. On aura fait ce qu'on aura ce qu'on aura pu. Et elle comprendra que vous avez fait ce que vous avez pu.
Situation triste. Mais idéalement triste.
Bien sûr, la réalité humaine était toujours plus grinçante.
Une amie en détresse qui supplie. Vous allez à son secours. Mais le bon ne gagne pas toujours. Ni les méritants. Et elle s'attendait à des résulats. Elle vous reproche votre lenteur. Elle vous en voudra pour votre échec. À ses yeux, vous serez à la fin presque au même rang que l'agresseur. Si agresseur il y a.
Voilà la situation.
Réelle. Désagréable. Quoique vous fassiez.
Mais elle l’avait appelée à l’aide.
C'était presque le moment le plus agréable ou le plus satisfaisant de leur rencontre.
Malgré tout le tragique de la situation. Tragique qui ne concernait qu'elle.
Parce que c'était sa fille.
Qu'il n'avait jamais vu cet enfant, sauf en photo.
C'était donc une sorte de jeu. Et il avait perdu.
Ensuite.
Il repensait au dernier appel. Ou l'avant dernier.
En souvenir des bons jours, il était venu la voir. Et ne la reverrait plus ensuite.
La situation était revenue là où elle était il y a quelques jours.
Elle avait espéré que son ancien ami fasse quelque chose. Il n’avait rien fait. Rien pu faire.
Il fallait donc.
Il faudrait attendre que la police.
Elle le regardait maintenant comme un étranger.
Inutile.
Monsieur Dickson se sentit soudainement
Il détesta ce sentiment.
Et il détesta qu’elle provoque en lui ce sentiment.
Il se sentit comme ce pauvre type dans un wagon de métro qui tendait la main aux passagers avant qu’on le foute dehors à la station suivante. On faisait semblant de ne pas le voir. Regardaient ses souliers et les siens.
Et l’homme pauvre finit par leur crier de le regarder, qu’il était un homme ou l’avait été. Qu’il était comme eux.
Il était invisible comme des morts qui essaient de se manifester aux vivants mais ne peuvent que déplacer des fourchettes.
Il en avait assez d'être mort.
Elle avait été bien gentille d’être gentille et aimable avec lui dans le passé. C’était le passé. Elle n’avait plus besoin de lui.
Il ne lui servait plus à rien.
Il se dit une dernière fois qu’elle souffrait et ne savait plus ce qu’elle disait.
Lui dit aussi qu’il connaissait quelqu’un.
Il y a des gens qui font des sudokus, du scrabble, des mots croisés ou participent à des pools de hockey pour se désennuyer. Je bois mon thé et je fais un quart d'heure de géopolitique. Et, en attendant la prochaine guerre mondiale - aujourd'hui, mardi 3 février 2015, il n'y a pas encore de guerre mondiale - j'écris des histoires de fantômes.
HISTOIRES DE FANTÔMES
__________________________________________________________________________________________________
Vers minuit, à la lueur de la chandelle, monsieur Henry Dickson, devant l'âtre où brûle des bûches d'érables et de vieux parchemins, se penche sur son écritoire. Tout est tranquille dans la grande maison, tout semble dormir et, soudain,
il y a ce bruit.
___________________________________________________________________________________________________
7.10.13
355.51
Monsieur Dickson l’avait écoutée raconter plusieurs fois.
Parce qu'elle avait besoin de parler.
Parce qu'elle avait besoin d'être écoutée.
Ce que son mari qui n'était jamais là ne pouvait faire. Et n'avait aucune envie de faire. comme bien des maris qui étaient là, avec d'autres femmes, ailleurs. Ce pour quoi, les femmes ont toutes un lot d'amies écouteuses. Qui conseillent. Se taisent. Pensent en commun. Son chaudes. Acceuillantes. Rassurantes. Dans ce monde si froit. Aux contours si durs pour les chairs fragiles et tendres et les petits bras.
Il l'avait donc écouté. Espérant.
Espérant toujours.
Comme elle espérait en contant.
Lui, attendait qu'elle ait une idée. Elle seule connaissait si bien son petit monde. Il était un étranger dans cette famille.
Peut-être qu'au fil du récit - de ses versions - car ce n'était jamais les mêmes mots.
Mais il n’avait eu aucune idée de plus. Ce qui la déçut visiblement. Il vit cette expression sur son visage. Ne la trouva pas très inspirante.
Elle s’attendait à quoi : qu’il agite devant elle ses petites cellules grises. Joue du violon en pensant. Euréka. Joie, Joie, Joie, pleurs de joie.
À la table du café, elle attendait qu’il lise et termine le dossier en quelques secondes. Lui donne son opinion. Et la clé de l’énigme.
Mais il y avait des pages et des pages. Certaines transcrites ou traduites en traitement de texte. Malheureusement pas les plus nombreses. D’autres, écrites à la main au stylo. La majorité. Parfois, difficilement déchiffrables. Et il fallait les lire, les traduire en phrases utiles.
Il s’était toujours demandé ce qui empêchait d’engager une secrétaire pour faire ce travail. Ou d’apprendre la dactylo aux apprentis nouveaux flics. Vu qu’ils auraient à faire des rapports toute leur carrière. Ce qui prenait à certains plus de temps de bureau que de temps de terrain.
Temps gagné qui aurait pu être utilisé pour l’enquête et les patrouilles. Et combien de temps perdu à déchiffrer les pataraffes d’un collègue introuvable (changé de quartier, en vacance, malade, retraité ou mort) pour se déchiffrer lui-même.
Mais ce genre de détails ne parvenait pas à entrer dans les petites et minuscules cellules grises de l’administration. Pas de poste budgétaire.
Une arme nouvelle. Aussi bonne que l’ancienne. Yééé ! Il y a du budget.
Mais une secrétaire? Ou s’abaisser à faire la femme en apprenant qwerty ? Ensuite, comme le mari modèle, on vous demandera de pisser assis.
Il la déçu encore.
Comme pour faire exprès, à chaque fois qu’il la voyait, il la décevait et baissait graduellement – façon thermomètre au froid – dans son estime.
Il y avait toujours quelque chose qu’il disait ou ne disait pas (mais quoi ?). Il y avait quelque chose qu’il aurait dû dire, il le sentait, mais quoi ?
Et, bien sûr, il y avait tout ce qu’il ne faisait pas parce qu’il était incapable de le faire.
Comme marcher sur les eaux. Changer l'eau en vin. Multiplier les pains et les poissons.
Comme avoir une illumination soudaine à la Blaise Pascal ou Saint Jean de la Croix.
Expérience mystique.
Droit devant elle.
Une sorte d'érection spitituelle. Une éjaculation mystique. Ce pourquoi certains pélerins vont à Compostelle ou escaladent l'Éverest.
Mais sans rapport à la divinité. Simplement sociale.
Une main qui écrirait sur le mur du café une carte de la ville avec l’endroit où était retenue prisonnière – si c’était le cas – la petite fille.
Ou le fossé où le ravisseur l’avait jeté.
Ou le terril où elle serait tombée.
Mais il n’y avait pas de mine dans les environs. Aucune importance.
Et la main divine pointerait vers cet endroit. En tapotant le mur. C’est là! Là! Vous voyez que c’est là!
Ben non. Il n’y avait qu’à la petite blonde que ce genre de chose bizarre pouvait arriver. Pas exactement ça mais quelque chose du genre. Difficile à expliquer. Trop compIiqué.
Ou il regarderait ces écritures. Manuscrites ou typographiques. Ces mots. Ces noms. Ces dates et ces heures. Et comme le mathématicien verrait des rapports inattendus se faire entre des éléments disparates. Il en tracerait un nouveau théorème.
Lui ne pourrait pas. Ne pourrait jamais.
Mais une idée nouvelle lui vint à l’esprit. Pas suffisante pour résoudre l’énigme. Mais quelque chose de plus et de mieux.
Il pensa à quelqu’un qu’il avait oublié. Pour de bonnes raisons. Quelqu’un qui lui revenait à l’esprit pour d’aussi bonnes raisons. Mais différentes. Quelqu’un. Qui. Peut-être. Pourrait.
En lisant, il avait oublié la présence de son ex-amie qui l’observait toujours. En pensant, il avait été distrait de sa lecture. Et oublié davantage la présence de cette femme. Qui avait très bien remarqué qu’il s’était mis à rêver. Été distrait.
Insuffisamment consciencieux.
Décidément, il ne faisait que la décevoir ce jour-là.
Il revint de sa rêverie. Essaya de se replonger dans sa lecture et n’y parvint pas.
Ces yeux qui le scrutaient étaient vraiment envahissants et encombrants. Il avait déjà trouvé stupide que son mari voyage si souvent et délaissait une si belle femme.
Il pensait comprendre maintenant pourquoi il voyageait tant et trouvait toujours si peu de temps pour revenir à la maison.
Il y avait aussi la musique dans le commerce.
Il détestait qu’on essaie de couvrir le son des conversations avec de la radio – encore des animateurs enthousiastes pour dénoncer les assistés sociaux comme ils auraient dénoncé les juifs à une autre époque dans un autre pays. Ou de la musique à la mode de la semaine. Jamais celle qu’il aimait. Difficile de se concentrer.
Et il y avait surtout elle toujours elle qui l’épiait. Encore plus encombrante qu’un voyageur qui s’entêterait à lire par-dessus votre épaule votre journal dans le métro.
Elle continuait à espérer. Mais son espérance était encombrante.
Il ne servait à rien de rester plus longtemps ici. La musique détestable. Le café froid. La compagnie glaciale.
Il lui dit qu’il devait partir pour lire tout ça à son aise.
Elle aurait aimé qu’il reste pour lui tenir compagnie. On dit que dans les épreuves, on découvre à quel point on est seul et le peu d’amis qui nous reste. Compréhensible. Un moment donné, ils ne savent plus quoi dire. Comment encourager. Comment ne pas donner trop d’espoir irréaliste.
Et comment s'y prendre pour ne pas désespérer.
Davantage.
L’angoisse devient contagieuse. C’est comme une cancéreuse qui vous parle de sa chimiothérapie. Sauf les très bons amis, les autres finissent par avoir peur que vous soyez contagieuse.
Elle resta donc seule à la petite table pour 2 avec son café froid.
Parce qu'elle avait besoin de parler.
Parce qu'elle avait besoin d'être écoutée.
Ce que son mari qui n'était jamais là ne pouvait faire. Et n'avait aucune envie de faire. comme bien des maris qui étaient là, avec d'autres femmes, ailleurs. Ce pour quoi, les femmes ont toutes un lot d'amies écouteuses. Qui conseillent. Se taisent. Pensent en commun. Son chaudes. Acceuillantes. Rassurantes. Dans ce monde si froit. Aux contours si durs pour les chairs fragiles et tendres et les petits bras.
Il l'avait donc écouté. Espérant.
Espérant toujours.
Comme elle espérait en contant.
Lui, attendait qu'elle ait une idée. Elle seule connaissait si bien son petit monde. Il était un étranger dans cette famille.
Peut-être qu'au fil du récit - de ses versions - car ce n'était jamais les mêmes mots.
Mais il n’avait eu aucune idée de plus. Ce qui la déçut visiblement. Il vit cette expression sur son visage. Ne la trouva pas très inspirante.
Elle s’attendait à quoi : qu’il agite devant elle ses petites cellules grises. Joue du violon en pensant. Euréka. Joie, Joie, Joie, pleurs de joie.
À la table du café, elle attendait qu’il lise et termine le dossier en quelques secondes. Lui donne son opinion. Et la clé de l’énigme.
Mais il y avait des pages et des pages. Certaines transcrites ou traduites en traitement de texte. Malheureusement pas les plus nombreses. D’autres, écrites à la main au stylo. La majorité. Parfois, difficilement déchiffrables. Et il fallait les lire, les traduire en phrases utiles.
Il s’était toujours demandé ce qui empêchait d’engager une secrétaire pour faire ce travail. Ou d’apprendre la dactylo aux apprentis nouveaux flics. Vu qu’ils auraient à faire des rapports toute leur carrière. Ce qui prenait à certains plus de temps de bureau que de temps de terrain.
Temps gagné qui aurait pu être utilisé pour l’enquête et les patrouilles. Et combien de temps perdu à déchiffrer les pataraffes d’un collègue introuvable (changé de quartier, en vacance, malade, retraité ou mort) pour se déchiffrer lui-même.
Mais ce genre de détails ne parvenait pas à entrer dans les petites et minuscules cellules grises de l’administration. Pas de poste budgétaire.
Une arme nouvelle. Aussi bonne que l’ancienne. Yééé ! Il y a du budget.
Mais une secrétaire? Ou s’abaisser à faire la femme en apprenant qwerty ? Ensuite, comme le mari modèle, on vous demandera de pisser assis.
Il la déçu encore.
Comme pour faire exprès, à chaque fois qu’il la voyait, il la décevait et baissait graduellement – façon thermomètre au froid – dans son estime.
Il y avait toujours quelque chose qu’il disait ou ne disait pas (mais quoi ?). Il y avait quelque chose qu’il aurait dû dire, il le sentait, mais quoi ?
Et, bien sûr, il y avait tout ce qu’il ne faisait pas parce qu’il était incapable de le faire.
Comme marcher sur les eaux. Changer l'eau en vin. Multiplier les pains et les poissons.
Comme avoir une illumination soudaine à la Blaise Pascal ou Saint Jean de la Croix.
Expérience mystique.
Droit devant elle.
Une sorte d'érection spitituelle. Une éjaculation mystique. Ce pourquoi certains pélerins vont à Compostelle ou escaladent l'Éverest.
Mais sans rapport à la divinité. Simplement sociale.
Une main qui écrirait sur le mur du café une carte de la ville avec l’endroit où était retenue prisonnière – si c’était le cas – la petite fille.
Ou le fossé où le ravisseur l’avait jeté.
Ou le terril où elle serait tombée.
Mais il n’y avait pas de mine dans les environs. Aucune importance.
Et la main divine pointerait vers cet endroit. En tapotant le mur. C’est là! Là! Vous voyez que c’est là!
Ben non. Il n’y avait qu’à la petite blonde que ce genre de chose bizarre pouvait arriver. Pas exactement ça mais quelque chose du genre. Difficile à expliquer. Trop compIiqué.
Ou il regarderait ces écritures. Manuscrites ou typographiques. Ces mots. Ces noms. Ces dates et ces heures. Et comme le mathématicien verrait des rapports inattendus se faire entre des éléments disparates. Il en tracerait un nouveau théorème.
Lui ne pourrait pas. Ne pourrait jamais.
Mais une idée nouvelle lui vint à l’esprit. Pas suffisante pour résoudre l’énigme. Mais quelque chose de plus et de mieux.
Il pensa à quelqu’un qu’il avait oublié. Pour de bonnes raisons. Quelqu’un qui lui revenait à l’esprit pour d’aussi bonnes raisons. Mais différentes. Quelqu’un. Qui. Peut-être. Pourrait.
En lisant, il avait oublié la présence de son ex-amie qui l’observait toujours. En pensant, il avait été distrait de sa lecture. Et oublié davantage la présence de cette femme. Qui avait très bien remarqué qu’il s’était mis à rêver. Été distrait.
Insuffisamment consciencieux.
Décidément, il ne faisait que la décevoir ce jour-là.
Il revint de sa rêverie. Essaya de se replonger dans sa lecture et n’y parvint pas.
Ces yeux qui le scrutaient étaient vraiment envahissants et encombrants. Il avait déjà trouvé stupide que son mari voyage si souvent et délaissait une si belle femme.
Il pensait comprendre maintenant pourquoi il voyageait tant et trouvait toujours si peu de temps pour revenir à la maison.
Il y avait aussi la musique dans le commerce.
Il détestait qu’on essaie de couvrir le son des conversations avec de la radio – encore des animateurs enthousiastes pour dénoncer les assistés sociaux comme ils auraient dénoncé les juifs à une autre époque dans un autre pays. Ou de la musique à la mode de la semaine. Jamais celle qu’il aimait. Difficile de se concentrer.
Et il y avait surtout elle toujours elle qui l’épiait. Encore plus encombrante qu’un voyageur qui s’entêterait à lire par-dessus votre épaule votre journal dans le métro.
Elle continuait à espérer. Mais son espérance était encombrante.
Il ne servait à rien de rester plus longtemps ici. La musique détestable. Le café froid. La compagnie glaciale.
Il lui dit qu’il devait partir pour lire tout ça à son aise.
Elle aurait aimé qu’il reste pour lui tenir compagnie. On dit que dans les épreuves, on découvre à quel point on est seul et le peu d’amis qui nous reste. Compréhensible. Un moment donné, ils ne savent plus quoi dire. Comment encourager. Comment ne pas donner trop d’espoir irréaliste.
Et comment s'y prendre pour ne pas désespérer.
Davantage.
L’angoisse devient contagieuse. C’est comme une cancéreuse qui vous parle de sa chimiothérapie. Sauf les très bons amis, les autres finissent par avoir peur que vous soyez contagieuse.
Elle resta donc seule à la petite table pour 2 avec son café froid.
6.10.13
354.50
Monsieur Dickson écoutait son ancienne amie lui parler au téléphone.
Une copie du dossier de police avait été laissée à sa maison. Ce qui était inhabituel. Ou interdit. Selon l’expression que l’on préférera. Elle était destinée à son mari. On avait pensé qu’une femme n’y comprendrait rien. Et qu’il était préférable qu’une mère dans cette situation déplaisante ou dramatique évite de le lire.
Ce qu’elle avait fait. Elle l'avait lu. Et était encore plus angoissée qu'avant.
Elle avait compris ce qu’il fallait comprendre. L’enquête était à nouveau arrêtée faute de nouveaux indices.
On attendait.
On attendait, soit la réapparition miraculeuse de la fillette. Qui reviendrait à la maison comme le Petit Poucet. Qui aurait rebroussé chemin et suivi son sentier de miettes de pain. Qui sonnerait piteusement à la porte. Humble. Mouillé. Vaincu. Qui promettait de ne plus recommencer. Qui serait grondée pour son imprudence. Tout en l’embrassant, la serrant dans ses bras et pleurant dessus pour toutes les raisons qu’on ne parvient pas à dire en pleurant.
Ou on attendait le pire.
Entretemps, il fallait un nouveau témoin. Un suspect providentiel. Un nouvel indice. Quelque chose. Une erreur du kidnappeur.
Quelque chose.
Ou l’appel d’un hôpital signalant qu’on venait de découvrir … d’amener le corps d’une fillette.
Ou une fillette vivante et en santé.
Ou une fillette en bonne santé mais un peu endommagée après une série de nuits dans la nature. Dans un parc. Dans des ruelles. Événement qu’il lui faudrait expliquer.
Et en l'écoutant raconter ses malheurs en pleurant, la mère tout en faisant son possible pour la consoler, penserait à tout ce qui aurait pu lui arriver et qu'elle ne pouvait même pas imaginer. Parce qu'elle était trop jeune. Et qu'elle venait presque d'arriver au monde. Et commençait tout juste à comprendre ce monde dans lequel il lui faudrait vivre presque 1 siècle.
Ça va! Ça va! Elle lui dirait.
Ça ira!
Elle lui dirait ça aussi. Ensuite.
Elle faisait donc comme si c'était vrai. Possible. Un saut dans le futur. Un bon futur. Rempli de belles choses. Puis, elle revenait dans le présent. Revenait dans les pages du dossiers. Les photos. Celle de sa maison. Celle du dernier endroit où on l'avait vu.
Elle allait à la maison d'une de ses petites amies pour son anniversaire. Il y avait la mère de son amie. Et d'autres fillettes. Des gâteaux. Et des girlandes. Elle y était allé seule. Parce que c'était le jour. Que c'était tout près. Elle était repartie après la fête. Avec une boite de plastique Tupperware contenant un morceau de gâteau. Elle s'en revenait à la maison. Et n'y était jamais arrivé.
Cobien de fois, la police avait-elle parcouru cet espace. Ce chemin. La rue. Le trottoir. Le gazon où elle passait pour aller plus vite entre les maisons non clôturées par des grilles ou des haies.
L'espoir de trouver quelque chose.
Et on avait beau passer et repasser. Les petites filles de la fête, interrogées, dirent toutes qu'elles l'avaient vu s'en aller. L'avaient suivi des yeux un moment puis était retourné à la fête. Elle était partie plus tôt car elle avait des leçons et devoirs à faire pour le lendemain. Parce qu'elle était sage. Voulait apprendre. Écoutait sa mère.
Sa mère qui n'était pas là. Parce qu'elle. Pourquoi n'était-elle pas là? Elle aurait dû être là. Mais sa fille qui disait être une grande fille, voyant que sa mère était occupée - à quoi? - elle ne se souvenait pas ce qui l'occupait tant - et sa fille, qui était une grande fille, voulait être seule avec ses amies. La présence d'une grande, sa mère, la gênerait. Elle aurait eu l'impression d'être surveillée. Il y avait déjà la mère de son amie pour surveiller tout ce petit monde bruissant.
Il était trop tard. On ne peut revenir sur le passé. Mais on peut essayer et réessayer sans cesse. Comme si à force d'essayer. Comme si.
Comme si une puissance supérieure, la chance, vous récompenserait de ces efforts.
Elle hallucinait donc entre les pages du dossier. Puis revenait à la réalité qui était un mauvais rêve.
Le dossier.
Tout ce qui restait de sa fille.
Tous les intervenants du système impliqués dans l’affaire y avaient noté leurs découvertes. Ou leurs tentativées répétées (avec dates et heures) de découvrir quelque chose.
La chronologie était précise.
Échec après échec.
Le dernier interrogatoire était daté de la veille. Rien d’intéressant.
Malgré leur nombre et les informations accumulées – il y avait beaucoup de lignes et de pages – il manquait encore l’information essentielle qui permettrait de fermer le dossier.
Soit la découverte du cadavre de la fillette.
Ou l’indice qui perdrait l’agresseur. Qui permettrait de découvrir son identité, son lieu de résidence, sa cachette, son repaire, la prison de la fillette. Qui permettrait d’arriver à temps. Avant qu’il soit trop tard.
Ou, même s’il était trop tard, on aurait au moins trouvé - enfin - son identité et empêcherait ainsi qu’il recommence. Et il serait puni pour son crime.
Ce qui ne rendrait pas la fillette. Ni ne ferait grand bien à la mère et au père.
Mais c’est ainsi que ce genre d’affaire se termine. Parfois, on est content. Souvent non. Quelquefois…
C’est la vie. Comme on dit!
Il était bien sûr préférable d’arriver à temps. De libérer la fillette. D’arriver avant que le pire ou une de ses variantes lui soit arrivé. Sa mère la rassurerait. Lui dirait que c’était un mauvais rêve.
Même si le pire était arrivé – mais qu’elle était encore vivante – sa mère la rassurerait. Avec l’aide de psychologue, d’infirmières, de médecins. Et des médicaments.
Elle irait à peu près bien. Ou mieux.
Le temps efface toute chose.
Y compris les gens.
Elle fit faire une copie de la copie du dossier et l’envoya par courriel à son mari. Où qu’il se trouve. Il était peut-être à Berne.
Elle laissa le dossier de police dans sa maison. Dans le tiroir du bureau de son mari. Pourquoi l’aurait-elle apporté ailleurs?
Elle remit personnellement la copie papier à monsieur Dickson avec, selon l’expression si utile : les yeux pleins d’espoir. Comme s’il pouvait. Soudainement. Euréka dans sa baignoire.
Une copie du dossier de police avait été laissée à sa maison. Ce qui était inhabituel. Ou interdit. Selon l’expression que l’on préférera. Elle était destinée à son mari. On avait pensé qu’une femme n’y comprendrait rien. Et qu’il était préférable qu’une mère dans cette situation déplaisante ou dramatique évite de le lire.
Ce qu’elle avait fait. Elle l'avait lu. Et était encore plus angoissée qu'avant.
Elle avait compris ce qu’il fallait comprendre. L’enquête était à nouveau arrêtée faute de nouveaux indices.
On attendait.
On attendait, soit la réapparition miraculeuse de la fillette. Qui reviendrait à la maison comme le Petit Poucet. Qui aurait rebroussé chemin et suivi son sentier de miettes de pain. Qui sonnerait piteusement à la porte. Humble. Mouillé. Vaincu. Qui promettait de ne plus recommencer. Qui serait grondée pour son imprudence. Tout en l’embrassant, la serrant dans ses bras et pleurant dessus pour toutes les raisons qu’on ne parvient pas à dire en pleurant.
Ou on attendait le pire.
Entretemps, il fallait un nouveau témoin. Un suspect providentiel. Un nouvel indice. Quelque chose. Une erreur du kidnappeur.
Quelque chose.
Ou l’appel d’un hôpital signalant qu’on venait de découvrir … d’amener le corps d’une fillette.
Ou une fillette vivante et en santé.
Ou une fillette en bonne santé mais un peu endommagée après une série de nuits dans la nature. Dans un parc. Dans des ruelles. Événement qu’il lui faudrait expliquer.
Et en l'écoutant raconter ses malheurs en pleurant, la mère tout en faisant son possible pour la consoler, penserait à tout ce qui aurait pu lui arriver et qu'elle ne pouvait même pas imaginer. Parce qu'elle était trop jeune. Et qu'elle venait presque d'arriver au monde. Et commençait tout juste à comprendre ce monde dans lequel il lui faudrait vivre presque 1 siècle.
Ça va! Ça va! Elle lui dirait.
Ça ira!
Elle lui dirait ça aussi. Ensuite.
Elle faisait donc comme si c'était vrai. Possible. Un saut dans le futur. Un bon futur. Rempli de belles choses. Puis, elle revenait dans le présent. Revenait dans les pages du dossiers. Les photos. Celle de sa maison. Celle du dernier endroit où on l'avait vu.
Elle allait à la maison d'une de ses petites amies pour son anniversaire. Il y avait la mère de son amie. Et d'autres fillettes. Des gâteaux. Et des girlandes. Elle y était allé seule. Parce que c'était le jour. Que c'était tout près. Elle était repartie après la fête. Avec une boite de plastique Tupperware contenant un morceau de gâteau. Elle s'en revenait à la maison. Et n'y était jamais arrivé.
Cobien de fois, la police avait-elle parcouru cet espace. Ce chemin. La rue. Le trottoir. Le gazon où elle passait pour aller plus vite entre les maisons non clôturées par des grilles ou des haies.
L'espoir de trouver quelque chose.
Et on avait beau passer et repasser. Les petites filles de la fête, interrogées, dirent toutes qu'elles l'avaient vu s'en aller. L'avaient suivi des yeux un moment puis était retourné à la fête. Elle était partie plus tôt car elle avait des leçons et devoirs à faire pour le lendemain. Parce qu'elle était sage. Voulait apprendre. Écoutait sa mère.
Sa mère qui n'était pas là. Parce qu'elle. Pourquoi n'était-elle pas là? Elle aurait dû être là. Mais sa fille qui disait être une grande fille, voyant que sa mère était occupée - à quoi? - elle ne se souvenait pas ce qui l'occupait tant - et sa fille, qui était une grande fille, voulait être seule avec ses amies. La présence d'une grande, sa mère, la gênerait. Elle aurait eu l'impression d'être surveillée. Il y avait déjà la mère de son amie pour surveiller tout ce petit monde bruissant.
Il était trop tard. On ne peut revenir sur le passé. Mais on peut essayer et réessayer sans cesse. Comme si à force d'essayer. Comme si.
Comme si une puissance supérieure, la chance, vous récompenserait de ces efforts.
Elle hallucinait donc entre les pages du dossier. Puis revenait à la réalité qui était un mauvais rêve.
Le dossier.
Tout ce qui restait de sa fille.
Tous les intervenants du système impliqués dans l’affaire y avaient noté leurs découvertes. Ou leurs tentativées répétées (avec dates et heures) de découvrir quelque chose.
La chronologie était précise.
Échec après échec.
Le dernier interrogatoire était daté de la veille. Rien d’intéressant.
Malgré leur nombre et les informations accumulées – il y avait beaucoup de lignes et de pages – il manquait encore l’information essentielle qui permettrait de fermer le dossier.
Soit la découverte du cadavre de la fillette.
Ou l’indice qui perdrait l’agresseur. Qui permettrait de découvrir son identité, son lieu de résidence, sa cachette, son repaire, la prison de la fillette. Qui permettrait d’arriver à temps. Avant qu’il soit trop tard.
Ou, même s’il était trop tard, on aurait au moins trouvé - enfin - son identité et empêcherait ainsi qu’il recommence. Et il serait puni pour son crime.
Ce qui ne rendrait pas la fillette. Ni ne ferait grand bien à la mère et au père.
Mais c’est ainsi que ce genre d’affaire se termine. Parfois, on est content. Souvent non. Quelquefois…
C’est la vie. Comme on dit!
Il était bien sûr préférable d’arriver à temps. De libérer la fillette. D’arriver avant que le pire ou une de ses variantes lui soit arrivé. Sa mère la rassurerait. Lui dirait que c’était un mauvais rêve.
Même si le pire était arrivé – mais qu’elle était encore vivante – sa mère la rassurerait. Avec l’aide de psychologue, d’infirmières, de médecins. Et des médicaments.
Elle irait à peu près bien. Ou mieux.
Le temps efface toute chose.
Y compris les gens.
Elle fit faire une copie de la copie du dossier et l’envoya par courriel à son mari. Où qu’il se trouve. Il était peut-être à Berne.
Elle laissa le dossier de police dans sa maison. Dans le tiroir du bureau de son mari. Pourquoi l’aurait-elle apporté ailleurs?
Elle remit personnellement la copie papier à monsieur Dickson avec, selon l’expression si utile : les yeux pleins d’espoir. Comme s’il pouvait. Soudainement. Euréka dans sa baignoire.
352.48
La jeune femme qu’il avait vu mourir hier.
Était-elle morte?
Cette jeune femme ne pouvait pas être elle.
Elle se serait défendue à sa façon.
Elle pouvait mourir.
Elle aussi.
Mais elle aurait tué avant.
Et cette jeune femme était définitivement sans défense.
Une herbivore.
Blonde elle-aussi.
Mais d’une autre nuance.
Il y avait aussi tout ce sang.
Sortant de l’œil.
De la bouche aux lèvres éclatées.
Giflées.
Il ne savait pas comment elle s’y prenait. Et ça avait l’air sacrément douloureux. Elle ne maîtrisait probablement pas encore les subtilités de son art.
Monsieur Dickson ne croyait pas à l’utilité de la souffrance. Si on commence à peser chaque tort, on n’en finit pas.
On efface.
Expliquer. Commenter. Ne sert à rien.
De toute façon les gens font des choses parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Et ils sont généralement trop stupides pour expliquer leurs gestes. Et s’ils sont arrivés au stade de l’évolution où la parole remplace le grognement, on n’est pas plus avancé. Leurs gestes étaient programmés. Leurs sons aussi.
Il vaut mieux qu’ils laissent leur place à d’autres.
Mais on ne peut pas passer sa vie à faire la justice dans ce monde. Le monde est comme il est. Mais il arrive que le hasard fasse arriver devant soi des choses, disons, inacceptables. Si le destin ou un dieu, petit, moyen ou grand existe, il n’aurait pas fait autrement que de placer sur sa route des choses inacceptables. Comme si un petit coup au destin était nécessaire. Pour équilibrer la moyenne.
Alors il lui arrivait d’équilibrer.
Et elle aimait bien sa façon d’équilibrer.
Était-elle morte?
Cette jeune femme ne pouvait pas être elle.
Elle se serait défendue à sa façon.
Elle pouvait mourir.
Elle aussi.
Mais elle aurait tué avant.
Et cette jeune femme était définitivement sans défense.
Une herbivore.
Blonde elle-aussi.
Mais d’une autre nuance.
Il y avait aussi tout ce sang.
Sortant de l’œil.
De la bouche aux lèvres éclatées.
Giflées.
Il ne savait pas comment elle s’y prenait. Et ça avait l’air sacrément douloureux. Elle ne maîtrisait probablement pas encore les subtilités de son art.
Monsieur Dickson ne croyait pas à l’utilité de la souffrance. Si on commence à peser chaque tort, on n’en finit pas.
On efface.
Expliquer. Commenter. Ne sert à rien.
De toute façon les gens font des choses parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Et ils sont généralement trop stupides pour expliquer leurs gestes. Et s’ils sont arrivés au stade de l’évolution où la parole remplace le grognement, on n’est pas plus avancé. Leurs gestes étaient programmés. Leurs sons aussi.
Il vaut mieux qu’ils laissent leur place à d’autres.
Mais on ne peut pas passer sa vie à faire la justice dans ce monde. Le monde est comme il est. Mais il arrive que le hasard fasse arriver devant soi des choses, disons, inacceptables. Si le destin ou un dieu, petit, moyen ou grand existe, il n’aurait pas fait autrement que de placer sur sa route des choses inacceptables. Comme si un petit coup au destin était nécessaire. Pour équilibrer la moyenne.
Alors il lui arrivait d’équilibrer.
Et elle aimait bien sa façon d’équilibrer.
351.47
C’est en retournant à son hôtel.
Il y avait encore une manifestation interdite.
Solution économique choisie par la ville. Taxer les manifestants. Le pouvoir montrait ainsi sa puissance. Il pouvait varier à l’infini la manière d’emmerder les citoyens qui osaient le critiquer publiquement au lieu de rester silencieux. Comme tout bon payeur de taxe.
Et c’était l’occasion pour la police de jouer.
Pour un moment, fini les tâches bureaucratiques. La paperasse. Et l’aide au payeur de taxe. Après tout, ils étaient des fonctionnaires payés pour rendre service.
Heureusement, de temps en temps, c’était la récréation.
Une bonne manifestation illégale.
La parade n’avait pas obtenu de permis.
Ou en avait eu un.
Mais avait choisi d’aller hors du sentier balisé.
Ou un fonctionnaire assez haut placé pour faire ce genre de chose avait décidé d’annuler une permission accordée par un autre fonctionnaire.
Le fun commençait.
Quoi de mieux que de matraquer des gens sans défense et sans arme.
Il serait excessif de tirer sur eux à balles réelles. Il y aurait certainement quelqu’un qui trouverait à redire.
Quoiqu’il soit arrivé que l’on ait à tirer sur un malade mental armé d’un couteau à patate. Dangereux. Et que, dans l’énervement, on vise à côté. Et tue quelqu’un de non concerné. Une belle bavure policière. Mais une erreur humaine. Et le pardon est divin. Tout le monde peut faire des erreurs. Cet homme allait à son travail et a été atteint par une balle perdue. Ou 2. Ce sont des choses qui arrivent. On n’est pas pour punir un brave fonctionnaire de la police pour l’humanité de son comportement. Soit une erreur. Bien compréhensible. Que l’on comprit.
Mais on pouvait lancer des gaz lacrymogène – interdit à la guerre sur des soldats mais permis en temps de paix sur des civils – faire une belle fumée étouffante, pleurante, qui cache les détails.
Tirer dans les foules et les groupes à la balle de caoutchouc. Soit de petites billes de plomb recouvertes de plastique de différentes couleurs selon leurs poids et la force d’impact. Dans des cartouches de .12 tiré de fusils à pompe. Ou de gros calibre tiré au mortier. Miniature. Lance-grenade. Un grosse balle de plastique de la taille d’une balle de golf ou de tennis.
De quoi vous défoncer la face.
Ou vous crever un œil.
Ce qui venait de se produire dans la fumée.
Une jeune femme avait 2 jolies yeux qui pleuraient.
Puis un gros trou d'où coulait du sang rouge.
Plus foncé.
La police arrivait toute casquée comme un gros insecte vert pour taper sur tout ce qui bougeait.
À force de poursuivre et d’enfumer les groupes, la foule s’était séparée en sections plus ou moins petites qui paniquaient et s’enfuyaient au hasard.
On leur coupait le chemin.
On le faisait paniquer à gauche ou à droite.
Terrorisant les femmes et les hommes.
Le plaisir absolu.
Quand on est armé et que l’autre ne l’est pas.
Quel plaisir d’abuser de son pouvoir.
Alors que l’autre ne peut que pleurer. Il a déjà des gaz de poivre dans les yeux et on lui fend le crâne en plus.
Et on est payé en double. Avec prime de danger
Voilà qu’un groupe, comme un banc de poissons avait été dirigé sur lui. Il avait changé de direction, comprenant très bien ce qui allait se passer, inévitablement.
Une autre charge de police, bâtons en l’air. Fauchage en vue.
Voilà qu’un autre groupe arrivait.
Pourchassé.
Se rendant dans une ruelle où l’attendait un petit groupe de policier, bâtons en l’air.
Que du plaisir.
Le carnage et le massacre.
Probablement que la plupart des manifestants ne mourraient pas.
Et le voilà coincé.
La foule ou les petites foules étaient comme des tourbillons entraînant dans leur remous les environs.
La police, difficile à compter le nombre, se lançait dans la moisson.
Il y avait du sang qui coulait dans les rues.
La peau sous les cheveux saigne facilement. Et les jeunes femmes à la tête éclatée rougissaient leurs cheveux blonds.
Il crut reconnaître la petite blonde.
Il savait qu’elle aimait beaucoup manifester.
Il avait eu beau essayer de la décourager, lui affirmant qu’on ne peut aider le gens contre eux-mêmes. Ils aimaient obéir. On ne pouvait rien pour eux. Dès qu’ils seraient assez vieux, si l’occasion se présentait, ils feraient obéir aussi.
Ce n’était probablement pas elle.
C’était allé très vite.
La police tapait sur ceux qui étaient debout. Puis sur ceux qui étaient tombés. Puis sur ceux qui bougeaient encore.
On appelait ça résistance à agent dans l’exercice de son devoir.
Ou résistance à arrestation.
Refus d’obtempérer.
Puis on tapait sur ceux qui respirait.
Il y avait une manière de saigner et de pleurer qu’avaient les jeunes femme qui irritaient profondément les agents. Qui les faisait cogner. Presque à défigurer.
Il s’était trouvé emmêlé avec des gens debout. Puis dernier debout entouré de gens fauché. Comme on bûche les arbres.
Il avait évité les coups.
Jusqu’à présent.
Il trouvait ce spectacle fascinant.
C’est alors que les policiers le remarquèrent.
Avec toutes ces fumées.
Ces émotions.
Cette fatigue.
On a beau taper sur des femmes qui tombent, on finit par s’épuiser.
Et il y avait là monsieur Dickson, debout, on ne savait pas encore comment ni pouruqoi. Qui n’avais pas l’air d’avoir peur. D’avoir envie de bouger. De tomber. D’expliquer. De montrer ses papiers.
Qui n’aurait pas dû être là.
On allait donc lui faire sa fête.
Les policiers portaient des casques et des vêtements théoriquement anti-balles. Tout à fait inutile contre des manifestants civils sans défense. Mais le coûteux et complexe uniforme faisait plaisir. Faisait professionnel.
Sérieux.
On allait donc lui faire cracher son sang.
Et monsieur Dickson ne se défendit même pas.
Il sortit son pistolet et abattit un à un les agents qui couraient vers lui et ceux qui avaient compris un peu tard qui fuyaient.
Ils étaient tous armés. Mais si habitué de s’en prendre à des étudiants ou des retraités qu’ils avaient désappris l’usage de leurs armes. Comme si.
Et il acheva les blessés par terre.
Monsieur Dickson détestait faire souffrir les gens.
*
État 1. 11 septembre 2013. État 2.3.4: 1, 2, 3 octobre.
Morts. 10
10 hommes.
1 femme.
1 filette.
Il y avait encore une manifestation interdite.
Solution économique choisie par la ville. Taxer les manifestants. Le pouvoir montrait ainsi sa puissance. Il pouvait varier à l’infini la manière d’emmerder les citoyens qui osaient le critiquer publiquement au lieu de rester silencieux. Comme tout bon payeur de taxe.
Et c’était l’occasion pour la police de jouer.
Pour un moment, fini les tâches bureaucratiques. La paperasse. Et l’aide au payeur de taxe. Après tout, ils étaient des fonctionnaires payés pour rendre service.
Heureusement, de temps en temps, c’était la récréation.
Une bonne manifestation illégale.
La parade n’avait pas obtenu de permis.
Ou en avait eu un.
Mais avait choisi d’aller hors du sentier balisé.
Ou un fonctionnaire assez haut placé pour faire ce genre de chose avait décidé d’annuler une permission accordée par un autre fonctionnaire.
Le fun commençait.
Quoi de mieux que de matraquer des gens sans défense et sans arme.
Il serait excessif de tirer sur eux à balles réelles. Il y aurait certainement quelqu’un qui trouverait à redire.
Quoiqu’il soit arrivé que l’on ait à tirer sur un malade mental armé d’un couteau à patate. Dangereux. Et que, dans l’énervement, on vise à côté. Et tue quelqu’un de non concerné. Une belle bavure policière. Mais une erreur humaine. Et le pardon est divin. Tout le monde peut faire des erreurs. Cet homme allait à son travail et a été atteint par une balle perdue. Ou 2. Ce sont des choses qui arrivent. On n’est pas pour punir un brave fonctionnaire de la police pour l’humanité de son comportement. Soit une erreur. Bien compréhensible. Que l’on comprit.
Mais on pouvait lancer des gaz lacrymogène – interdit à la guerre sur des soldats mais permis en temps de paix sur des civils – faire une belle fumée étouffante, pleurante, qui cache les détails.
Tirer dans les foules et les groupes à la balle de caoutchouc. Soit de petites billes de plomb recouvertes de plastique de différentes couleurs selon leurs poids et la force d’impact. Dans des cartouches de .12 tiré de fusils à pompe. Ou de gros calibre tiré au mortier. Miniature. Lance-grenade. Un grosse balle de plastique de la taille d’une balle de golf ou de tennis.
De quoi vous défoncer la face.
Ou vous crever un œil.
Ce qui venait de se produire dans la fumée.
Une jeune femme avait 2 jolies yeux qui pleuraient.
Puis un gros trou d'où coulait du sang rouge.
Plus foncé.
La police arrivait toute casquée comme un gros insecte vert pour taper sur tout ce qui bougeait.
À force de poursuivre et d’enfumer les groupes, la foule s’était séparée en sections plus ou moins petites qui paniquaient et s’enfuyaient au hasard.
On leur coupait le chemin.
On le faisait paniquer à gauche ou à droite.
Terrorisant les femmes et les hommes.
Le plaisir absolu.
Quand on est armé et que l’autre ne l’est pas.
Quel plaisir d’abuser de son pouvoir.
Alors que l’autre ne peut que pleurer. Il a déjà des gaz de poivre dans les yeux et on lui fend le crâne en plus.
Et on est payé en double. Avec prime de danger
Voilà qu’un groupe, comme un banc de poissons avait été dirigé sur lui. Il avait changé de direction, comprenant très bien ce qui allait se passer, inévitablement.
Une autre charge de police, bâtons en l’air. Fauchage en vue.
Voilà qu’un autre groupe arrivait.
Pourchassé.
Se rendant dans une ruelle où l’attendait un petit groupe de policier, bâtons en l’air.
Que du plaisir.
Le carnage et le massacre.
Probablement que la plupart des manifestants ne mourraient pas.
Et le voilà coincé.
La foule ou les petites foules étaient comme des tourbillons entraînant dans leur remous les environs.
La police, difficile à compter le nombre, se lançait dans la moisson.
Il y avait du sang qui coulait dans les rues.
La peau sous les cheveux saigne facilement. Et les jeunes femmes à la tête éclatée rougissaient leurs cheveux blonds.
Il crut reconnaître la petite blonde.
Il savait qu’elle aimait beaucoup manifester.
Il avait eu beau essayer de la décourager, lui affirmant qu’on ne peut aider le gens contre eux-mêmes. Ils aimaient obéir. On ne pouvait rien pour eux. Dès qu’ils seraient assez vieux, si l’occasion se présentait, ils feraient obéir aussi.
Ce n’était probablement pas elle.
C’était allé très vite.
La police tapait sur ceux qui étaient debout. Puis sur ceux qui étaient tombés. Puis sur ceux qui bougeaient encore.
On appelait ça résistance à agent dans l’exercice de son devoir.
Ou résistance à arrestation.
Refus d’obtempérer.
Puis on tapait sur ceux qui respirait.
Il y avait une manière de saigner et de pleurer qu’avaient les jeunes femme qui irritaient profondément les agents. Qui les faisait cogner. Presque à défigurer.
Il s’était trouvé emmêlé avec des gens debout. Puis dernier debout entouré de gens fauché. Comme on bûche les arbres.
Il avait évité les coups.
Jusqu’à présent.
Il trouvait ce spectacle fascinant.
C’est alors que les policiers le remarquèrent.
Avec toutes ces fumées.
Ces émotions.
Cette fatigue.
On a beau taper sur des femmes qui tombent, on finit par s’épuiser.
Et il y avait là monsieur Dickson, debout, on ne savait pas encore comment ni pouruqoi. Qui n’avais pas l’air d’avoir peur. D’avoir envie de bouger. De tomber. D’expliquer. De montrer ses papiers.
Qui n’aurait pas dû être là.
On allait donc lui faire sa fête.
Les policiers portaient des casques et des vêtements théoriquement anti-balles. Tout à fait inutile contre des manifestants civils sans défense. Mais le coûteux et complexe uniforme faisait plaisir. Faisait professionnel.
Sérieux.
On allait donc lui faire cracher son sang.
Et monsieur Dickson ne se défendit même pas.
Il sortit son pistolet et abattit un à un les agents qui couraient vers lui et ceux qui avaient compris un peu tard qui fuyaient.
Ils étaient tous armés. Mais si habitué de s’en prendre à des étudiants ou des retraités qu’ils avaient désappris l’usage de leurs armes. Comme si.
Et il acheva les blessés par terre.
Monsieur Dickson détestait faire souffrir les gens.
*
État 1. 11 septembre 2013. État 2.3.4: 1, 2, 3 octobre.
Morts. 10
10 hommes.
1 femme.
1 filette.
349.45
Un moment donné la photo de la disparue circulerait dans le corridor des comateuses et une infirmière ferait le rapprochement.
Mais si la liste n'était pas interminable - un certain nombre de choses peut arriver à une petite fille - parce qu'il y avait des impossibilités physiques. Mais la liste, si on en faisait une, pouvait avoir un certain nombre de lignes. On pouvait aussi les numéroter pour plus de clarté. Ajouter à chaque situation, un pourcentage ou un rang pour 100 000 petites filles. Ou 100 000 adultes.
Car de nombreuses choses arrivaient aux petites filles.
Comme si c'était une malédiction d'être une fillette.
Quoique ce terme manquait de rationalité. Et faisant antique.
Dans le passé des tas de choses déplorables arrivaient aux petites filles. Parfois, tout à fait répréhensbiles et répugnantes.
Mais, même dans une époque moderne, technique, hygiénique, lisse, des tas de choses arrivaient aux petites filles.
Comme si quelqu'un les détestait.
Mais encore une fois, on obscurcit son esprit avec des émotions ou des sensations inutiles.
On choisit mal ses mots.
Les mots entraînent, provoquent, causent des images. Et on n'aime pas ces images.
Ou
Il y avait eu ces reportages.
Belgique. Allemagne. États-Unis.
Des fillettes ou des adolescentes enlevées et gardées prisonnières pendant une décennie.
Combien de fois une telle chose se produisait-elle ?
Et, ici?
Ici, aussi.
Un homme qui avait fait soudain un geste absurde. Probablement que ça faisait des années ou des mois, certainement longtemps, qu’il fantasmait. Calculait le plan. Faisait des projets. Mais il avait été débordé par son propre esprit. Et, en plein jour, s’était emparé d’un petit garçon. Qu’il avait mis dans le coffre de son auto. L’enfant jouait sur la pelouse d’une maison à quelques maisons de la sienne. Il l’avait sans doute surveillé longtemps. Il aurait dû attendre que l’enfant soit seul. À une autre époque, on aurait parlé de possession. Plus tard, de coup de folie. De crime passionnel. Quoique l’expression soit réservée aux domaines des relations interpersonnelles entre hommes et femmes. Ou crime rituel. Malgré que ce terme concerne l’ethnologie spécialisée dans les peuplades lointaines. Ce terme ne pouvant servir dans une nation moderne et civilisées.
Et pourtant, en creusant près du gros chêne. Près du pommier centenaire. Il en avait vu des choses. Et des preuves.
Et il avait enterré le tout.
Mais là où il restait l’Histoire petite, minuscule et grande se mélangeait.
Les premiers pionniers ignorant tout du continent où ils abordaient moururent de maladie et de famine ou de froid. Dépendant du moment de l’année où ils agonisaient. La maladie faisait des ravages sur le bateau. Et les malades survivants qu’on n’avait pas jeté par-dessus bord se consumaient ensuite sur le sol. Incapable de subvenir à leurs besoins. Un poids pour les autres. Qui les abandonnaient. Une malédiction.
Preuve que la malchance les poursuivaient et qu’ils pouvaient devenir contagieux.
Au cours du trajet, il était arrivé qu’une esclave noire enceinte n’arrive pas à mettre bas. Le travail devenant interminable et nuisant à l’harmonie de la croisière, on l’avait jetée par-dessus-bord, elle et son fœtus à moitié sorti d’entre les jambes.
Et voilà les survivants à bon port. Des serviteurs ayant emprunté et troqué le prix de leur billet contre des années de service. Des maîtres qui savaient se faire rembourser.
Et la famine.
Pas assez pour tout le monde une fois que les riches aient mis de côté les provisions nécessaires.
Les pauvres chassés du village et errant dans les bois.
Se nourrissant des petits fruits quand il y en avait.
Ensuite des feuilles, de l’herbe et des racines.
Pendant que les indiens regardaient. Pourquoi auraient-ils eu pitié d’eux ? Il savait très bien ce qu’on leur faisait dans les colonies américaines et espagnoles.
Puis mangeant les morts.
Puis allant déterrer les morts du cimetière pour les bouffer.
Et le fou kidnappait le petit garçon. Hop! Dans le coffre de l’auto.
La mère de l’enfant qui crie. Appelle à l’aide
Un autre automobiliste qui passe dans la même rue de la même banlieue. Qui voit tout. Voit la mère qui fait signe, pointant l’auto. Et il suit l’auto. L’auto qui se sait suivie, presque vivante, qui zigzague. Essaie de déjouer le jeu de piste. N’y parvient pas. Et c’est là qu’on retourne dans le jeu de la folie. L’auto suit une ligne droite. Un parking. Une porte. L’arrière de l’immeuble. Va dans la cachette prévue depuis longtemps . Le sous-sol de l’immeuble où l’homme travaille comme concierge. La police suit les 2 voitures. Et le premier poursuivant qui n’a pas peur. Il est seul. Le kidnappeur est petit. Il n’a pas l’air armé. Et il est pris à son jeu lui-aussi. Chacun son rôle. Il ouvre la même porte de fer. Suit les sons. Découvre l’escalier. Puis un autre. Puis une porte. Ensuite une autre. Il arrive juste au moment où le fou (on a utilisé des termes plus polis et médicaux au procès) est en train d’entrer de force le garçon dans un réservoir d’huile à fournaise. Un vieux réservoir dont il a coupé/sciée/brûlé à la torche à acétylène une porte sur le dessus. La cachette parfaite.
Sauf que c’est en plein jour.
Et qu’il n’a pas pu attendre.
Quelque chose s’est déréglé en lui. Un circuit défectueux. Au procès, il dira avoir eu une faille psychologique. Ce qui arrive.
Finalement, ça s’était bien passé.
Le petit garçon aura probablement peur des endroits sombres et étroits pour le reste de ses jours.
Mais il est arrivé que ça ne se passe pas si bien.
Il est arrivé que des fillettes enlevées deviennent les épouses de leurs kidnappeurs. Et qu’on ne le sache que parce que quelques-unes, presque au même moment, sur différents continents réussissent à s’échapper.
Un des kidnappeurs des environs condamnés à 1000 ans de prison venait de se pendre avec ses draps. Il s’était décrit comme un grand malade.
Ou qu’on les vende.
Le prix de la fillette blanche vierge augmente sans cesse.
Il préféra donc ne pas parler de ses théories.
Si la police n’avait rien trouvé avec ses équipements et son personnel.
Mais il y avait tant de problèmes à résoudre. Et si on ne faisait pas parti de l’élite pour qui on réserve une justice de qualité, comme il y a une médecine excellente et des restaurants où on ressentira de grandes émotions culinaires.
Il connaissait quelqu’un qui.
Mais il n’était pas sûr que cet homme voudrait aider son prochain. Après tout, il y avait suffisamment de population sur terre. Et si elle était morte, elle n’avait fait que devancer son sort. Il était bien imprudent de mettre au monde des enfants sans défense. Surtout dans ce monde. Une fois que l’on sait ce qui s’y trouve.
Il fallait utiliser l’espoir de manière mesurée.
Son amie l’avait appelée pensant avoir plus que des conseils ou du réconfort. Une aide véritable.
Il fallait un spécialiste. Il en connaissait un.
Mais pourquoi aiderait-il cette femme?
Tant de gens ont besoin d’aide. Sont incapables de s’aider eux-mêmes.
Mais si la liste n'était pas interminable - un certain nombre de choses peut arriver à une petite fille - parce qu'il y avait des impossibilités physiques. Mais la liste, si on en faisait une, pouvait avoir un certain nombre de lignes. On pouvait aussi les numéroter pour plus de clarté. Ajouter à chaque situation, un pourcentage ou un rang pour 100 000 petites filles. Ou 100 000 adultes.
Car de nombreuses choses arrivaient aux petites filles.
Comme si c'était une malédiction d'être une fillette.
Quoique ce terme manquait de rationalité. Et faisant antique.
Dans le passé des tas de choses déplorables arrivaient aux petites filles. Parfois, tout à fait répréhensbiles et répugnantes.
Mais, même dans une époque moderne, technique, hygiénique, lisse, des tas de choses arrivaient aux petites filles.
Comme si quelqu'un les détestait.
Mais encore une fois, on obscurcit son esprit avec des émotions ou des sensations inutiles.
On choisit mal ses mots.
Les mots entraînent, provoquent, causent des images. Et on n'aime pas ces images.
Ou
Il y avait eu ces reportages.
Belgique. Allemagne. États-Unis.
Des fillettes ou des adolescentes enlevées et gardées prisonnières pendant une décennie.
Combien de fois une telle chose se produisait-elle ?
Et, ici?
Ici, aussi.
Un homme qui avait fait soudain un geste absurde. Probablement que ça faisait des années ou des mois, certainement longtemps, qu’il fantasmait. Calculait le plan. Faisait des projets. Mais il avait été débordé par son propre esprit. Et, en plein jour, s’était emparé d’un petit garçon. Qu’il avait mis dans le coffre de son auto. L’enfant jouait sur la pelouse d’une maison à quelques maisons de la sienne. Il l’avait sans doute surveillé longtemps. Il aurait dû attendre que l’enfant soit seul. À une autre époque, on aurait parlé de possession. Plus tard, de coup de folie. De crime passionnel. Quoique l’expression soit réservée aux domaines des relations interpersonnelles entre hommes et femmes. Ou crime rituel. Malgré que ce terme concerne l’ethnologie spécialisée dans les peuplades lointaines. Ce terme ne pouvant servir dans une nation moderne et civilisées.
Et pourtant, en creusant près du gros chêne. Près du pommier centenaire. Il en avait vu des choses. Et des preuves.
Et il avait enterré le tout.
Mais là où il restait l’Histoire petite, minuscule et grande se mélangeait.
Les premiers pionniers ignorant tout du continent où ils abordaient moururent de maladie et de famine ou de froid. Dépendant du moment de l’année où ils agonisaient. La maladie faisait des ravages sur le bateau. Et les malades survivants qu’on n’avait pas jeté par-dessus bord se consumaient ensuite sur le sol. Incapable de subvenir à leurs besoins. Un poids pour les autres. Qui les abandonnaient. Une malédiction.
Preuve que la malchance les poursuivaient et qu’ils pouvaient devenir contagieux.
Au cours du trajet, il était arrivé qu’une esclave noire enceinte n’arrive pas à mettre bas. Le travail devenant interminable et nuisant à l’harmonie de la croisière, on l’avait jetée par-dessus-bord, elle et son fœtus à moitié sorti d’entre les jambes.
Et voilà les survivants à bon port. Des serviteurs ayant emprunté et troqué le prix de leur billet contre des années de service. Des maîtres qui savaient se faire rembourser.
Et la famine.
Pas assez pour tout le monde une fois que les riches aient mis de côté les provisions nécessaires.
Les pauvres chassés du village et errant dans les bois.
Se nourrissant des petits fruits quand il y en avait.
Ensuite des feuilles, de l’herbe et des racines.
Pendant que les indiens regardaient. Pourquoi auraient-ils eu pitié d’eux ? Il savait très bien ce qu’on leur faisait dans les colonies américaines et espagnoles.
Puis mangeant les morts.
Puis allant déterrer les morts du cimetière pour les bouffer.
Et le fou kidnappait le petit garçon. Hop! Dans le coffre de l’auto.
La mère de l’enfant qui crie. Appelle à l’aide
Un autre automobiliste qui passe dans la même rue de la même banlieue. Qui voit tout. Voit la mère qui fait signe, pointant l’auto. Et il suit l’auto. L’auto qui se sait suivie, presque vivante, qui zigzague. Essaie de déjouer le jeu de piste. N’y parvient pas. Et c’est là qu’on retourne dans le jeu de la folie. L’auto suit une ligne droite. Un parking. Une porte. L’arrière de l’immeuble. Va dans la cachette prévue depuis longtemps . Le sous-sol de l’immeuble où l’homme travaille comme concierge. La police suit les 2 voitures. Et le premier poursuivant qui n’a pas peur. Il est seul. Le kidnappeur est petit. Il n’a pas l’air armé. Et il est pris à son jeu lui-aussi. Chacun son rôle. Il ouvre la même porte de fer. Suit les sons. Découvre l’escalier. Puis un autre. Puis une porte. Ensuite une autre. Il arrive juste au moment où le fou (on a utilisé des termes plus polis et médicaux au procès) est en train d’entrer de force le garçon dans un réservoir d’huile à fournaise. Un vieux réservoir dont il a coupé/sciée/brûlé à la torche à acétylène une porte sur le dessus. La cachette parfaite.
Sauf que c’est en plein jour.
Et qu’il n’a pas pu attendre.
Quelque chose s’est déréglé en lui. Un circuit défectueux. Au procès, il dira avoir eu une faille psychologique. Ce qui arrive.
Finalement, ça s’était bien passé.
Le petit garçon aura probablement peur des endroits sombres et étroits pour le reste de ses jours.
Mais il est arrivé que ça ne se passe pas si bien.
Il est arrivé que des fillettes enlevées deviennent les épouses de leurs kidnappeurs. Et qu’on ne le sache que parce que quelques-unes, presque au même moment, sur différents continents réussissent à s’échapper.
Un des kidnappeurs des environs condamnés à 1000 ans de prison venait de se pendre avec ses draps. Il s’était décrit comme un grand malade.
Ou qu’on les vende.
Le prix de la fillette blanche vierge augmente sans cesse.
Il préféra donc ne pas parler de ses théories.
Si la police n’avait rien trouvé avec ses équipements et son personnel.
Mais il y avait tant de problèmes à résoudre. Et si on ne faisait pas parti de l’élite pour qui on réserve une justice de qualité, comme il y a une médecine excellente et des restaurants où on ressentira de grandes émotions culinaires.
Il connaissait quelqu’un qui.
Mais il n’était pas sûr que cet homme voudrait aider son prochain. Après tout, il y avait suffisamment de population sur terre. Et si elle était morte, elle n’avait fait que devancer son sort. Il était bien imprudent de mettre au monde des enfants sans défense. Surtout dans ce monde. Une fois que l’on sait ce qui s’y trouve.
Il fallait utiliser l’espoir de manière mesurée.
Son amie l’avait appelée pensant avoir plus que des conseils ou du réconfort. Une aide véritable.
Il fallait un spécialiste. Il en connaissait un.
Mais pourquoi aiderait-il cette femme?
Tant de gens ont besoin d’aide. Sont incapables de s’aider eux-mêmes.
348.44
Dans le journal d'hier.
Un père revenait chercher ses filles qu'il était allé porter chez une de leurs amies dont c'était l'anniversaire. Il se stationne dans la cour. Il voit ses 2 filles sortir en le saluant. La fête était finie et elles l'attendaient derrière la grande fenêtre. Puis les perd de vue. Tout se passe très rapidement. Au même moment où il recule dans l'entrée asphaltée. Comme d'habitude, chacune se sépare pour prendre sa place préférée à l'arrière. Il voit la plus grande qui attend comme convenu l'arrêt complet de l'auto avant de s'avancer et d'attrapper la poignée de porte de la portière. Celle de gauche. Derrière le siège du passager avant. Vide. Mais encombré de sacs d'épicerie. La plus petite préférait toujours s'installer sur le siège arrière qui se trouvait derrière le sien, celui du conducteur. Il les avait vu dans ses rétroviseurs. Il se tournait pour regarder dans les vitres de l'auto. La grande (pas tant que ça) était toujours là. La petite - vraiment petite - n'était pas réapparue. Tout s'était passé très vite. Ce n'est qu'après qu'il a eu le temps de séparer chaque moment pour en faire une scène, une action. Et un son. Étrange. Comme quelque chose qui se brise. Comme une roue qui écrase de la glace. Ou un pot de verre. Les vitres étaient fermées mais le bruit avait été évident. Quoique difficile à identifier. Il commença à comprendre lorsqu'il vit dans la vitre de gauche, sa grande fille (pas si grande car elle était pliée à ce moment). Et les autres enfants dans les fenêtres de la maison. Tous réunis. Figée regardant quelque chose. La main sur la bouche. Les mains sur les bouches. Une plus grande mettant ses mains devant les yeux d'une plus petite. Il était sorti. Ceci arrive souvent. Peut-être pas dans cet ordre. Le décor change. L'auto recule sans voir ce qui se passe derrière. On ne pense même pas qu'il peut se passer quelque chose qu'on ne voit pas. Un enfant était là. Ou n'y était pas. Est arrivé en courant. Les circonstances changent. L'enfant glisse. Trébuche. Et une roue arrière passe sur sa tête. D'où le bruit de verre croustillant. Le petit crâne défoncé. Ceci arrive. Si on veut des chiffres précis, il y a des organismes qui classent ce genre de phénomènes. Il y a ensuite des sentiments et des émotions. Et des regrets. On a même calculé le nombre de fois où le couple se sépare ensuite. La femme, l'épouse et la mêre, reprochant au père. Ce genre de choses. Le père se sent coupable. La soeur, prudente survivante, se reproche aussi des choses. On aurait pu faire ceci. On aurait dû faire cela. Quelquefois, le couple survit. Il reste une fille à s'occuper. Si la femme qui est la mère est encore jeune, elle peut faire une autre fille. C'est possible. Mais comme on dit: on n'oubliera jamais celle qui est disparue. Mais on l'oubliera. Une autre vie commencera. Se poursuivra avec le temps.
Il n'y a que ce brit de verre écrasé lentement, soigneusement, qui restera.
Il y a tant de drames possibles à décrire.
Un petit corps projeté par le pare-choc d'une voiture qui roulait trop près du trottoir.
Tant de possibilités s'offraient à l'imagination.
Un père revenait chercher ses filles qu'il était allé porter chez une de leurs amies dont c'était l'anniversaire. Il se stationne dans la cour. Il voit ses 2 filles sortir en le saluant. La fête était finie et elles l'attendaient derrière la grande fenêtre. Puis les perd de vue. Tout se passe très rapidement. Au même moment où il recule dans l'entrée asphaltée. Comme d'habitude, chacune se sépare pour prendre sa place préférée à l'arrière. Il voit la plus grande qui attend comme convenu l'arrêt complet de l'auto avant de s'avancer et d'attrapper la poignée de porte de la portière. Celle de gauche. Derrière le siège du passager avant. Vide. Mais encombré de sacs d'épicerie. La plus petite préférait toujours s'installer sur le siège arrière qui se trouvait derrière le sien, celui du conducteur. Il les avait vu dans ses rétroviseurs. Il se tournait pour regarder dans les vitres de l'auto. La grande (pas tant que ça) était toujours là. La petite - vraiment petite - n'était pas réapparue. Tout s'était passé très vite. Ce n'est qu'après qu'il a eu le temps de séparer chaque moment pour en faire une scène, une action. Et un son. Étrange. Comme quelque chose qui se brise. Comme une roue qui écrase de la glace. Ou un pot de verre. Les vitres étaient fermées mais le bruit avait été évident. Quoique difficile à identifier. Il commença à comprendre lorsqu'il vit dans la vitre de gauche, sa grande fille (pas si grande car elle était pliée à ce moment). Et les autres enfants dans les fenêtres de la maison. Tous réunis. Figée regardant quelque chose. La main sur la bouche. Les mains sur les bouches. Une plus grande mettant ses mains devant les yeux d'une plus petite. Il était sorti. Ceci arrive souvent. Peut-être pas dans cet ordre. Le décor change. L'auto recule sans voir ce qui se passe derrière. On ne pense même pas qu'il peut se passer quelque chose qu'on ne voit pas. Un enfant était là. Ou n'y était pas. Est arrivé en courant. Les circonstances changent. L'enfant glisse. Trébuche. Et une roue arrière passe sur sa tête. D'où le bruit de verre croustillant. Le petit crâne défoncé. Ceci arrive. Si on veut des chiffres précis, il y a des organismes qui classent ce genre de phénomènes. Il y a ensuite des sentiments et des émotions. Et des regrets. On a même calculé le nombre de fois où le couple se sépare ensuite. La femme, l'épouse et la mêre, reprochant au père. Ce genre de choses. Le père se sent coupable. La soeur, prudente survivante, se reproche aussi des choses. On aurait pu faire ceci. On aurait dû faire cela. Quelquefois, le couple survit. Il reste une fille à s'occuper. Si la femme qui est la mère est encore jeune, elle peut faire une autre fille. C'est possible. Mais comme on dit: on n'oubliera jamais celle qui est disparue. Mais on l'oubliera. Une autre vie commencera. Se poursuivra avec le temps.
Il n'y a que ce brit de verre écrasé lentement, soigneusement, qui restera.
Il y a tant de drames possibles à décrire.
Un petit corps projeté par le pare-choc d'une voiture qui roulait trop près du trottoir.
Tant de possibilités s'offraient à l'imagination.
347.43
Monsieur Dickson lui avait aussi conseillé de laisser toute cette beauté à la maison.
Ces appareils ont des GPS qui peuvent vous repérer où que vous soyez. Ou vous suivre où que vous alliez.
On peut les déclencher à distance pour vous écouter sans que vous les manipuliez. Comme on pouvait déjà pour n'importe quel téléphone. Même plus besoin de monter dans un poteau pour zigonner après les fils. Suffit de donner votre numéro à l'ordinateur.
Et, évidamment, écouter vos conversations en direct pour les enregistrer. Que ce soit dans un centre de contrôle au bout du monde ou dans une auto de l'autre côté de la rue.
Bien sûr, on pourra si on le veut bien, mais on ne le fera pas parce qu'on est bon, noter vos déplacements sur Internet.
Et déclencher la caméra sans laisser de traces pour essayer de voir ce que vous voyez et avec qui.
Merci CIA et NSA.
Ou son équivalent Canadien.
S'il y a des lois qui interdisent d'espionner (vilain mot) ses propres citoyens, on espionnera ceux du pays voisin avec son consentement. Et on s'échangera les fichiers.
De toute façon, le monde entier est sur écoute par l'organisme bureaucratique qui prétend régenter ce monde et contrôler les passagers provisoires de la Terre.
Et, les mémoires informatiques étant devenu si gigantesquese, on a simplifié la logique de l'espionnage. Plus besoin de soupçonner quelqu'un. D'obtenir un mandat du juge pour mette son téléphone sur écoute. Ce qui prend 15 jours. Même si les juges complaisants ne manquent pas.
Seule la police utilise encore ces méthodes antiques. Mais elle n'a affaire qu'à des criminels ordinaires. Les agences de renseignement et d'espionnage qui s'occupe des menaces extérieures et intérieures et de la sécurité nationale ont plus de liberté. Et le budgets.
Illimité.
Des milliards pour s'occuper de quelques terroristes presque inoffensifs.
Comparé aux banquiers et boursicoteurs de 2008 qui ont fait sauter le système économique mondial. Provoqué la ruine de pays entiers. Le chômage de millions de personnes. La ruine d'autres millions. Et qu'à t-on fait avec ces terroristes financiers ? Ces traîtres - simple jeu du dictionnaire, car beaucoup travaillaient pour des puissances étrangères et misaient contre leur propre pays lorsqu'ils spéculaient. Tout ceci aurait inévitablement entraîné la décapitation dans des époques plus passéistes où les rois n'aimaient pas les plaisanteries déplacées. Au contraire, on a sauvé la peau (personne n'a jamais pensé leur prendre) de ces braves crapules. Et, avec l'$ de tous ceux qu'ils avaient floué, on a sauvé leur fortune. Il y a probablement une morale qu'on pourrait enseigner aux enfants des écoles et il faudra y repenser.
Au même moment, des milliards sont consacrés à l'éliminations de chômeurs agressifs du tiers-monde qui ont découvert la foi. Et on peut les assassiner du haut des airs. Ou leurs frères et leurs cousins. Du moins quelqu'un de la même couleur de peau. On s'en fout.
Ce qui permet de dépenser la moitié du budget du pays pour GI Joe.
Et d'engraisser l'industrie militaire qui cesserait instantanément d'exister sans perfusion perpétuelle.
Alors que la police qui doit s'occuper d'hommes d'affaire véreux ou de mafiosi ou de banquiers cupides (heu!) doit. Devrait.
En fait, selon le dicton qu'il n'y a que les gestes qui comptent et non les paroles - c'est quelque part dans la Bible - si elle dit régulièrement se soucier de ces problèmes, elle préfère enquêter sur les étudiants poètes anarchistes que sur ces déplaisants mafiosis/banquiers/fonctionnaires crapules/maires aux doigts croches/ministres louches.
Des gens très bien. Bien habillé. Qui ne disent pas des gros mots comme la petite blonde lorsqu'elle est fâchée.
Donc, au lieu d'enregistrer ce qui se dit de la part de tel nom ou tel numéro comme la police ou le bureau du premier ministre; on enregistre tout le monde tout le temps. On peut enregistrer des milliards de personnes.
Et garde le tout dans les mémoires climatisée.
Au besoin, il suffira de faire une recherche à partir d'un nom, un mot ou avec un algorythme et tout ce qu'aura dit ce nom, tous ceux qui auront prononcé ce nom ou ce mot ou tout ce qui se sera dit à partir de ce numéro ou de cette adresse et tout ce qu'auront dit les personnes à partir des numéros appelés ou appelant pourront aussi.
Le progrès dans toute sa beauté.
Elle racontait tout à monsieur Dickson cherchant et mendiant un moment d’espoir ce qu’il lui accordait.
Oui. Il n’est pas trop tard.
Non. Il est encore temps.
Tout en parlant, il avait une autre conversation dans sa tête. Se demandant où passent les filles qui disparaissent et ne reparaissent pas.
Suicide.
Probablement.
Agression et meurtre.
Possible.
Accident.
Accident pas fatal.
Accident grave mais pas fatal ni terminal.
Accident provoquant une perte de mémoire.
Définitive.
La victime errait quelque part sans nom. Ne se souvenant plus de qui elle était et où elle avait été.
Ou elle était dans le coma dans un hôpital.
Ou.
Ces appareils ont des GPS qui peuvent vous repérer où que vous soyez. Ou vous suivre où que vous alliez.
On peut les déclencher à distance pour vous écouter sans que vous les manipuliez. Comme on pouvait déjà pour n'importe quel téléphone. Même plus besoin de monter dans un poteau pour zigonner après les fils. Suffit de donner votre numéro à l'ordinateur.
Et, évidamment, écouter vos conversations en direct pour les enregistrer. Que ce soit dans un centre de contrôle au bout du monde ou dans une auto de l'autre côté de la rue.
Bien sûr, on pourra si on le veut bien, mais on ne le fera pas parce qu'on est bon, noter vos déplacements sur Internet.
Et déclencher la caméra sans laisser de traces pour essayer de voir ce que vous voyez et avec qui.
Merci CIA et NSA.
Ou son équivalent Canadien.
S'il y a des lois qui interdisent d'espionner (vilain mot) ses propres citoyens, on espionnera ceux du pays voisin avec son consentement. Et on s'échangera les fichiers.
De toute façon, le monde entier est sur écoute par l'organisme bureaucratique qui prétend régenter ce monde et contrôler les passagers provisoires de la Terre.
Et, les mémoires informatiques étant devenu si gigantesquese, on a simplifié la logique de l'espionnage. Plus besoin de soupçonner quelqu'un. D'obtenir un mandat du juge pour mette son téléphone sur écoute. Ce qui prend 15 jours. Même si les juges complaisants ne manquent pas.
Seule la police utilise encore ces méthodes antiques. Mais elle n'a affaire qu'à des criminels ordinaires. Les agences de renseignement et d'espionnage qui s'occupe des menaces extérieures et intérieures et de la sécurité nationale ont plus de liberté. Et le budgets.
Illimité.
Des milliards pour s'occuper de quelques terroristes presque inoffensifs.
Comparé aux banquiers et boursicoteurs de 2008 qui ont fait sauter le système économique mondial. Provoqué la ruine de pays entiers. Le chômage de millions de personnes. La ruine d'autres millions. Et qu'à t-on fait avec ces terroristes financiers ? Ces traîtres - simple jeu du dictionnaire, car beaucoup travaillaient pour des puissances étrangères et misaient contre leur propre pays lorsqu'ils spéculaient. Tout ceci aurait inévitablement entraîné la décapitation dans des époques plus passéistes où les rois n'aimaient pas les plaisanteries déplacées. Au contraire, on a sauvé la peau (personne n'a jamais pensé leur prendre) de ces braves crapules. Et, avec l'$ de tous ceux qu'ils avaient floué, on a sauvé leur fortune. Il y a probablement une morale qu'on pourrait enseigner aux enfants des écoles et il faudra y repenser.
Au même moment, des milliards sont consacrés à l'éliminations de chômeurs agressifs du tiers-monde qui ont découvert la foi. Et on peut les assassiner du haut des airs. Ou leurs frères et leurs cousins. Du moins quelqu'un de la même couleur de peau. On s'en fout.
Ce qui permet de dépenser la moitié du budget du pays pour GI Joe.
Et d'engraisser l'industrie militaire qui cesserait instantanément d'exister sans perfusion perpétuelle.
Alors que la police qui doit s'occuper d'hommes d'affaire véreux ou de mafiosi ou de banquiers cupides (heu!) doit. Devrait.
En fait, selon le dicton qu'il n'y a que les gestes qui comptent et non les paroles - c'est quelque part dans la Bible - si elle dit régulièrement se soucier de ces problèmes, elle préfère enquêter sur les étudiants poètes anarchistes que sur ces déplaisants mafiosis/banquiers/fonctionnaires crapules/maires aux doigts croches/ministres louches.
Des gens très bien. Bien habillé. Qui ne disent pas des gros mots comme la petite blonde lorsqu'elle est fâchée.
Donc, au lieu d'enregistrer ce qui se dit de la part de tel nom ou tel numéro comme la police ou le bureau du premier ministre; on enregistre tout le monde tout le temps. On peut enregistrer des milliards de personnes.
Et garde le tout dans les mémoires climatisée.
Au besoin, il suffira de faire une recherche à partir d'un nom, un mot ou avec un algorythme et tout ce qu'aura dit ce nom, tous ceux qui auront prononcé ce nom ou ce mot ou tout ce qui se sera dit à partir de ce numéro ou de cette adresse et tout ce qu'auront dit les personnes à partir des numéros appelés ou appelant pourront aussi.
Le progrès dans toute sa beauté.
Elle racontait tout à monsieur Dickson cherchant et mendiant un moment d’espoir ce qu’il lui accordait.
Oui. Il n’est pas trop tard.
Non. Il est encore temps.
Tout en parlant, il avait une autre conversation dans sa tête. Se demandant où passent les filles qui disparaissent et ne reparaissent pas.
Suicide.
Probablement.
Agression et meurtre.
Possible.
Accident.
Accident pas fatal.
Accident grave mais pas fatal ni terminal.
Accident provoquant une perte de mémoire.
Définitive.
La victime errait quelque part sans nom. Ne se souvenant plus de qui elle était et où elle avait été.
Ou elle était dans le coma dans un hôpital.
Ou.
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